sept 01

Padmasambhava

 

Commentaire de l’Esprit d’Eveil – Nagarjuna

 

74.

Nous devons rendre leurs bontés

Aux êtres qui nous aidèrent autrefois

Parce qu’ils étaient notre père, notre mère,

Des proches ou des amis.

 

Nous avons été reliés à tous les êtres à travers la multitude de nos vies passées. Si nous avions conscience de cela, nous comprendrions que les autres sont d’autres soi et sont même plus importants que nous même.

 

Si on reconnaît la bonté de toutes les mères qui ont donné nos vies, leur compassion, nous devons manifester de la gratitude en retour en aidant les autres à faire le vœu de devenir l’instrument de ce but.

 

76.

Les fruits désirables et indésirables

Du monde aux destinées bonnes et mauvaises

Naissent du bien et du mal

Que l’on a pu faire aux êtres.

 

Une fois que nous avons pris conscience de la bienveillance de ceux qui ont été nos parents, nos amis et qu’on se demande comment s’acquitter de cette dette, cette gratitude, ces versets y répondent :

 

77.

Si, en servant les êtres,

On atteint l’insurpassable état de bouddha,

Pourquoi s’étonner de ce qu’il n’y ait

Pas une des richesses céleste ou humaine …

78.

… Dont jouissent Brahmâ, Shakra

Ou les rois, dans ces trois mondes,

Qui ne provienne

D’un simple bienfait dispensé aux êtres ?

79.

Les innombrables formes de souffrances

Que les êtres éprouvent dans les enfers,

Le monde des animaux et celui des esprits faméliques

Sont l’effet du mal fait aux autres.

 

Il est important aussi de comprendre à quel point il est important de respecter les êtres inanimés car nous leur devons tout.

Par exemple notre nourriture : pensez à tous ceux qui ont travaillé, contribué à cela. Idem pour nos vêtements, notre maison ; Pensez au fait que toute notre existence dépend du travail et de la bienveillance d’autrui.

 

Sur l’aspect intérieur, par exemple de la pratique spirituelle, plus la patience augmente, plus la colère diminue. Nous n’avons pas à faire d’effort vis-à-vis des bouddhas, mais grâce aux êtres. C’est grâce à eux que nous avons la possibilité de nous exercer.

 

La discipline, qui rassemble les règles de conduite comportementales par rapport aux autres êtres

La bodhicitta, sa valeur fondamentale, la compassion, est praticable uniquement en lien avec les autres.

Les autres sont indispensables à l’exercice de notre paix intérieur, de la compassion et de la bienveillance qui sont les fondements de l’Eveil.

 

LE COLLIER DE JOYAUX  - Nagarjuna

 

14.

Le raisonnement et les textes confirment

Que les mérites forment la cause

De l’accomplissement de l’Éveil :

Ne sois donc pas indolent en la matière !

15.

De même que l’espace, la terre, l’eau, le feu et l’air

Sont présents sans limites dans toutes les directions,

Les êtres soumis à la souffrance

Sont eux aussi en nombre illimité.

16.

Il est sûr que le bodhisattva au cœur aimant

Arrache à leurs souffrances

Ces êtres en nombre illimité

Pour les établir dans la bouddhéité.

17.

Dès lors qu’il a correctement adopté [l’esprit d’Eveil],

Celui qui s’y tient fermement,

Qu’il dorme ou qu’il soit éveillé,

Et même s’il est inattentif, comme le nombre […]

18.

Des êtres est illimité, en proportion de ces êtres

Ses mérites se font illimités, permanents, et ainsi de suite,

Et du fait de ce caractère illimité, on dit qu’il lui sera difficile

De ne pas atteindre la bouddhéité, laquelle est illimitée.

19.

Celui qui demeure ici-bas pour un temps illimité

En voulant atteindre l’insondable Éveil

Pour un nombre insondable d’êtres

Et en aspirant à d’insondables actes vertueux, […]

20.

Celui-là, même si l’Éveil est insondable,

Pourquoi ne l’atteindrait-il pas

Avant longtemps du fait de ses accumulations

Qui présentent un quadruple aspect ?

 

On parle ici des « 4 insondables » :

  • Temps illimité
  • Etres illimités
  • Mérites illimités
  • Résultats illimités

 

21.

Ces « mérites illimités »

Et cette « sagesse illimitée »

Éliminent promptement

Les souffrances du corps et de l’esprit.

22

La faim, la soif et d’autres souffrances échoient à ceux

Que leurs actes négatifs ont laissés dans les mauvaises destinées.

Le bodhisattva ne commettant pas d’actes négatifs mais des mérites

Ne connaîtra plus ces souffrances dans ses autres vies.

23.

Il sait que les souffrances mentales provoquées par l’ignorance,

Comme l’attachement, la haine, la peur ou le désir,

N’ont aucun support, et c’est ainsi

Qu’il les élimine promptement.

24.

N’étant pas diminué le moins du monde

Par les souffrances du corps et de l’esprit,

Comment pourrait-il se lasser, même s’il devait

Guider le monde jusqu’à la fin du monde ?

 

Les difficultés du corps viennent d’actes négatifs dans les vies passées

Les difficultés mentales viennent e la difficulté à voir la réalité, de l’ignorance

Une fois que la bodhicitta est née en nous, il n’y a aucune raison pour se lasser car tout effort vaut la peine

 

La Guirlande de vues – Nagarjuna

 

Pour les bodhisattvas toutes choses, que ce soit dans le domaine pollué du samsâra ou dans le domaine pur du nirvâna, sont dépourvues de nature propre en vérité absolue. En vérité relative, elles existent comme de simples illusions tout en gardant leurs caractères particuliers. D’autre part, la pratique des dix vertus transcendantes a pour résultat de les faire progresser dans les [dix] terres, avec pour résultat final l’Éveil insurpassable.

 

Le véhicule de diamant présente à son tour trois aspects : le véhicule des tantras d’action (kriyâtantra), le véhicule des tantras mixtes (ubhayatantra) et le véhicule du yoga (yogatantra). Vue des adeptes du véhicule de l’action : [sur la base de] la vérité absolue, où il n’existe rien de tel que naissance et cessation, [la pratique consiste,] en vérité relative, à méditer sur le corps formel d’une déité [en visualisant] l’image de ce corps, les emblèmes de son esprit, et [en procédant aux] récitations. Ce qui, avec [les pratiques de] propreté, [le respect du] calendrier, des planètes, des constellations et ainsi de suite [vaut pour] l’essentiel, jusqu’aux accomplissements issus du pouvoir [qui résulte] de la conjonction des objets matériels et de [toutes] les causes primaires et secondaires [du samâdhi].

 

On distingue les tantras extérieurs et les tantras intérieurs. Les tantras extérieurs sont des pratiques acétiques. Les tantras intérieurs sont des moyens habiles de progresser.

 

Vue des adeptes des tantras mixtes : depuis la vérité absolue où il n’est pas de naissance ni de cessation, [l’adepte] médite, en vérité relative, sur le corps formel d’une déité. Il atteindra l’accomplissement grâce au samâdhi de la méditation sur les quatre « principes essentiels » combiné aux objets matériels et aux autres causes primaires et secondaires.

 

La vue des adeptes du véhicule des tantras du yoga présente deux aspects : le véhicule des tantras du yoga extérieur de l’ascèse et le véhicule des tantras du yoga intérieur des méthodes.

 

Vue des adeptes du véhicule des tantras du yoga extérieur de l’ascèse : les [pratiques] extérieures et les objets ne sont pas tenus ici pour essentiels. [L’adepte] médite sur des dieux et des déesses qui, en vérité absolue, n’ont pas de naissance ni de cessation ; dans un samâdhi qui rend son continuum mental aussi pur que les déités, [l’adepte] médite sur la forme d’un corps sublime en appliquant les quatre sceaux. Il atteindra l’accomplissement en se concentrant essentiellement sur ce yoga.

 

Vue des adeptes du véhicule des tantras du yoga intérieur des méthodes : ce yoga se subdivise en trois méthodes : méthode de création, méthode de perfection et méthode de grande perfection.

 

Quelle différence y a-t-il dans l’enseignement et la pratique des tantras ? Du point de vue de l’objet, il n’y a pas de différence entre les vues des soutras et des tantras.

Mais du point de vue du sujet, il y a une différence.

Donc, quel que soit l’enseignement, l’objet reste le même, la différence sera au niveau du sujet, de celui qui expérimente.

 

Dans le mahayoga, il ya d’une part la sadhana, la pratique et d’autre part, les tantras, les enseignements.

L’initiation de Padmasambhava que nous allons recevoir aujourd’hui fait partie des sadhanas du mahayoga.

Le mahayoga est la transposition de toutes les sagesses sous formes de déités. Il comporte des instructions extérieures, intérieures, secrètes (subtiles), et suprêmement secrètes (ultimes)

 

Cette méthode répond au sens ultime de la grande perfection. C’est l’accès spontané au niveau de la grande assemblée de la roue des lettres : celui qui a une vivacité d’esprit supérieure comprend que ce qui est  bouddha depuis toujours est bouddha depuis toujours, puis il progresse à pas lents ou rapides, ce qui ne saurait toutefois être du ressort des êtres ordinaires.

 

Les êtres ordinaires qui entendent [ces enseignements] ont beau y réfléchir, ils ne croient pas à leur vérité ni à leur profondeur. Puisque les esprits ordinaires ont du mal à y ajouter foi et à les comprendre, et qu’ils ne savent pas qu’ils sont véridiques et profonds, ils les jugent à l’aune de leur propre expérience, pensent que tous les autres sont dans le même cas qu’eux, critiquent les êtres sublimes en disant qu’ils mentent et adoptent une attitude de rejet. Voilà pourquoi [ce véhicule] est secret au plus haut point et qu’il a été décrété « véhicule ultra secret ».

 

En conséquence, si un maître œuvre au bien des êtres à l’aide des véhicules inférieurs jusqu’à ce qu’ils comprennent que toutes choses sont bouddhas depuis toujours, pour ne pas aider ses disciples en pure perte, il devra être expert dans les défauts du samsâra, dans les qualités du nirvâna et dans tous les véhicules. S’il ignore certains points, il n’est pas digne d’être suivi : ce qui a été abondamment enseigné.

 

Les disciplines et les comportements particuliers varient eux aussi avec les vues. Les Indifférents et les matérialistes Extrémistes ne s’astreignent à aucune discipline. Ceux qui s’astreignent à une discipline sont quatre : les Chârvakas et d’autres adeptes non bouddhistes pour les ascèses mondaines, après quoi viennent les disciplines des auditeurs et des bodhisattvas, puis les disciplines suprêmes.

 

Il faut avoir compris l’ensemble des enseignements pour comprendre qu’il n’y a pas de différence entre samsara et nirvana. Nous avons besoin d’un maître pour nous éclairer sur le sens des mots et d’un disciple authentiquement concentré à l’apprentissage. Sans cela, les enseignements subtils n’ont pas d’intérêt et n’engendrent que confusion.

 

 

Dalaï lama – Nantes 2008

20 août 2008 – Enseignements du matin

Retranscription de mon carnet de notes, merci de citer la source www.uranie.net

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août 31

 

Que faire quand on ne s’aime pas soi même ?

 

C’est une très grosse erreur. Si on ne s’aime pas soi même, qui aimerait-on alors ? Et si on a le sentiment de se haïr il sera difficile d’entendre son amour vers les autres. Je crois aussi que fondamentalement, personne ne se veut du mal, mais que cela procède d’autre chose : d’une étroitesse d’esprit, d’une concentration exclusive sur soi et que lorsque les exigences que l’on a envers soi même ne peuvent être satisfaites, on a le sentiment de ne pas s’aimer.

La solution est de pratiquer l’ouverture d’esprit et de se tourner vers les autres. De plus, si pour s’aimer soi même il fallait réaliser toutes ses aspirations, personne ne s’aimerait, pas même le Bouddha, Jésus Christ ou Dieu ! Ils voulaient le bonheur de tous et de ce côté-là ça n’a pas trop marché J Vous voyez, vous n’êtes pas les seules ! XD XD

 

 

Vous dites que le bouddhisme est une religion non théiste, pourtant certains enseignements bouddhistes parlent de déités. Qu’en est-il ?

 

Il faut comprendre les différences … en effet, dans le vajrayana, quand on parle de divinité, ou de déité, les mots peuvent rappeler ceux d’une religion théiste. En fait, ces déités représentant les étapes de l’éveil du bouddha. Ce sont donc toutes formes de manifestations de l’éveil. C’est le cas des déités des mandalas qui aident les méditants sur le chemin de leur méditation. Elles ne sont que des représentations du bouddha. De plus, il y a plusieurs niveaux de représentation de la bouddhéité. Dans le dharmakaya, toutes les représentations mentales sont dissolues.

Les symboles ne signifient pas que ces déités existent réellement quelque part. Elles sont là uniquement pour relier la représentation grossière du monde à la représentation subtile.

Mais, en l’absence d’un dieu créateur, on peut dire que le bouddhisme n’est pas une religion théiste. Et pour mieux comprendre cette différence, nous pouvons utiliser la Guirlande de Joyaux. Pour mieux progresser, on pourra se représenter soi même avec une représentation du bouddha face à soi et donc se voir soi même face à la sagesse afin de recevoir les siddhis (accomplissements spirituels obtenus grâce à la pratique). Mais à mesure que l’on va progresser, c’est nous même que nous allons visualiser comme sagesse. C’est une manière d’actualiser et de réaliser la nature de bouddha telle que nous la pratiquons.

 

 

Que signifie la cérémonie de demain  (initiation de Padmasambhava) ? Faut il être engagé dans le bouddhisme pour y participer ?

 

Il y a différents niveaux et types d’initiations. Certaines sont complètes, elles visent à dissoudre les obscurcissements du corps, de la parole et de l’esprit et constituent une entrée dans le vajrayana.

En ce qui concerne celle de demain, il s’agit de la sadhana du cœur. Vous pouvez la recevoir comme une bénédiction. Il n’y a pas d’engagement à prendre, c’est une solution finalement assez « facile » ;-)

Je souhaite, en préambule à cette initiation, vous donner l’inspiration de la bodhicitta (Esprit d’Eveil). Il n’y aura pas la seconde partie qui est celle de l’engagement. Avant cela, je donnerai les vœux d’upasaka et d’upasika (se dit des fidèles laïcs, hommes et femmes qui ont pris les vœux du refuge dans les trois joyaux et les 5 vœux de laïcs ; ne pas tuer, ne pas voler, ne pas s’engager dans l’adultère, ne pas mentir, ne pas prendre d’intoxiquants – dictionnaire du bouddhisme de Philippe Cornu), les 5 préceptes et vous pourrez intérieurement décider de les observer tous les 5 ou seulement certains mais pas tous J

 

 

Pouvez-vous nous donner votre point de vue sur la nécessité d’être végétarien ?

 

Je pense que c’est extrêmement important. Il en est fait mention dans de nombreux textes bouddhistes et cela semble une évidence suivant le principe de la non violence car elle s’applique à l’ensemble des êtres vivants. Elle doit s’étendre aussi à toute forme de vie, plante, arbre, fleur, herbe … et quand on voit à notre époque l’industrie construite sur le régime carné, les immenses abattoirs, les poulets en batterie, les élevages industriels de poissons …. Avec un total mépris de la souffrance et des êtres …. Tout cela engendre beaucoup de souffrances. Il est clair que de manger de la viande, c’est vivre finalement de la souffrance des autres.

En 1965, alors que j’étais totalement végétarien, je suis tombé malade de l’hépatite et je suis devenu tout jaune. Ma peau était jaune, mes yeux étaient jaunes, mes ongles étaient jaunes …. J’étais devenu un bouddha vivant ! Mais à cause de la maladie, pas à cause de la pratique ! XD, XD, XD

Les médecins m’ont conseillé de revenir à un régime alimentaire plus varié, incluant un peu de viande. Mais je ne mange de la viande tout au plus qu’une fois pas semaine. Nous devons éviter le plus possible de manger de la viande, au quotidien, mais surtout lors des manifestations et des fêtes qui réunissent beaucoup de monde.

 

 

Le bouddhisme peut il aider à affronter la mort ?

 

Je crois que cela dépendra de la pratique que nous aurons développé durant notre vie. On dit que, dans le meilleur des cas, les pratiquants aborderont la mort avec joie,  que dans le cas le plus courant, ils l’aborderont sans peur et qu’au minimum, ils l’aborderont sans regrets.

Si nous n’avons aucune pratique, ce sera beaucoup lus difficile de mourir en paix. L’idéal est de préparer sa mort par une bonne vie.

Nous avons vu hier les 12 facteurs de propagation du samsara. Les graines que nous avons accumulées s’épanouissent avec les 8eme et 9eme facteurs (dynamiques) de la soif et de l’appropriation, juste avant la mort. Au moment de la mort, il faut absolument éviter d’activer ces tendances. La pratique aidera à se concentrer sur les émotions positives et une attitude positive au moment de la mort aura pour sur des répercussions positives pour notre devenir.

 

 

Dalai lama – Nantes 2008

19 août 2008 – Les questions du public

Retranscription de mon carnet de notes, merci de citer la source www.uranie.net

 

 

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août 25

Vacuité

 

 

 

 

Stances de la Voie Médiane

Chapitre 24

Examen des nobles vérités

 

 

7.

À tout cela je répondrai : vous ne comprenez rien

À la nécessité de la vacuité, ni à la vacuité elle-même,

Ni à ce qu’elle signifie, et c’est pour cela

Que vous la réfutez ainsi.

8.

Les bouddhas enseignent le Dharma

À deux [niveaux de] vérité :

La vérité relative conventionnelle

Et la vérité absolue.

9.

Ceux qui ignorent la distinction

Entre les deux vérités

Ne saisissent pas la profonde réalité

Enseignée par le Bouddha.

10.

Il est impossible de montrer l’absolu

Sans recourir aux conventions ;

Le nirvâna est impossible

Sans la réalisation de l’absolu.

11.

Mal comprise, la vacuité

Perd ceux qui manquent de sagesse

Comme un serpent mal attrapé

Ou une formule magique mal utilisée.

12.

C’est pourquoi, en esprit, le Sage répugnait

À enseigner le Dharma, car il savait

Combien les faibles [d’esprit] auraient de peine

À en réaliser les profondeurs.

 

 

Pour résumer ce que nous avons vu hier, certains accusent la Voie du milieu, le Madhyamika, de nihilisme. Il est important de réfléchir à 3 points concernant la compréhension de la vacuité.

 

  1. A quoi sert-elle ?
    1. Méditer
    2. Voir que l’ignorance est la racine de la souffrance
    3. Comprendre et enrayer le processus des klesa

                                                              i.      Emotions destructrices

                                                            ii.      3 Poisons

1.      Désir possessif

2.      Arrogance

3.      Haine

                                                          iii.      Attachement à la permanence

 

  1. Quelle est sa nature ?
  2. Quel est son sens ?

1.   Pour enrayer le processus des klesa, il faudra utiliser plusieurs antidotes.

Les antidotes directs neutralisent, découragent et détruisent les klesa. Par exemple, l’antidote direct de la haine est l’amour, l’antidote direct du désir est de considérer les aspects peu attirants de l’objet du désir.

Cela permettra de neutraliser, mais jamais de déraciner la souffrance.

Le seul antidote réel est la contemplation et par là, la réalisation de la nature véritable des choses. Il importe de développer une compréhension totale et profonde de la non identité de la personne, c’est pour cela que nous avons besoin de la vacuité. Pour se débarrasser de l’attachement au soi.

 

La représentation des phénomènes demeure au-delà de la prise de conscience qu’ils sont dénués d’identité, et il en surgira encore des attachements très subtils.

Il importe de se libérer de cet attachement subtil en réalisant la vacuité de toute représentation mentale. On parle de la vacuité de la vacuité.

Lorsque nous contemplons le monde, il existe tel que nous le voyons. Comment pourrait on comprendre que ce que je vois là, cette fleur devant moi, n’a qu’une existence nominale ?

 

Le bouddha a dit que toute chose avait une apparence et une nature ultime. Par exemple, l’emballage ne permet pas toujours de supposer du contenu véritable d’une chose. Ceux qui ignorent la différence entre ces deux vertus ne peuvent comprendre les propos du bouddha.

Il importe de ne pas simplement souscrire à cette vision superficielle que le monde est réel. Il faut faire une analyse plus poussée et réaliser que le monde a deux vérités par une analyse des caractéristiques apparentes et une analyse de la nature véritable des choses.

 

Cela rejoint l’analyse des physiciens de la nature.

La fleur parait réelle, avoir une existence, mais l’observation de cet aspects grossier de la nature que nous appelons une fleur conduit aux particules élémentaires qui la composent et même au-delà, au niveau quantique, au fait que les particules ne sont pas des choses mais des évènements. En effet, les physiciens nous disent que, plus on essaye de saisir une particule, moins on y arrive, ce qui conduit à observer des relations et non des éléments dotés de caractéristiques intrinsèques.

 

Ces deux visons, conventionnelle et ultime, il faut toujours les garder ensemble. L’une vise à examiner la nature illusoire des formes et l’autre la nature ultime qui est la vacuité.

 

Le bouddha ne disposait pas d’autre instrument d’analyse et d’observation que son esprit. C’est pas la méditation sur les choses qu’il a saisi ceci et qu’il a pu dire que tout ce qui est apparaît à la suite de causes et de conséquences, mais que rien n’est vraiment né, en tant qu’entité douée d’existence propre et autonome.

 

On transcende de cette façon les deux extrêmes de l’existence : réalité et néant par apparence ET vacuité.

 

Il faut commencer par accepter l réalité telle qu’on la voit puis passer ensuite à la compréhension de la nature ultime des choses, de la vacuité. La vacuité ne débarrasse pas de la réalité. C’est pour cela que cet enseignement peut s’avérer dangereux si la vacuité est mal comprise. C’est pour cela que l’on trouve une grande quantité de niveaux d’enseignement, chacun est destiné à ajuster la progression de l’élève sur la voie de la juste compréhension des enseignements.

 

 

Commentaire de l’esprit d’Eveil – Nagarjuna

 

63.

Bref, de choses vides

Naissent des choses vides :

Le Vainqueur enseigne que l’agent éprouve

Les effets de ses actes en vérité relative.

64.

Le son du tambour, de même que la pousse

Sont le fruit d’un concours [de circonstances].

Les manifestations extérieures en interdépendances

S’apparentent au rêve et au spectacle du magicien.

 

Pour revenir à cet examen des deux vérités, la vérité relative est fondée sur la compréhension de l’interdépendance, le jeu des relations, des causes et des effets, des causes et de leurs fruits, mais en comprenant que, ni la cause ni le fruit n’ont d’existence propre. « Interdépendant » et « dénué d’existence propre » sont des synonymes.

 Et, en même temps, c’est parce que les choses sont interdépendantes et dénuées d’existence propres que cela permet le déploiement des phénomènes.

 

Pensée perso : c’est aussi cela qui permet la capacité de changement en psychologie

 

C’est cela qui sous tend que les phénomènes puissent être composés d’une infinité d’autres phénomènes sous jacents.

 

                        Pensée perso : dimension fractale de la réalité

 

La communauté de nature entre la cause et l’effet réside dans le fait par exemple que la graine donne la plante.

 

Quelles sont les possibilités pour qu’une chose naisse ?

  • D’elle-même
  • D’une autre chose
  • De rien
  • Ni de l’un ni de l’autre

 

 

65.

La production causale des choses

Ne contredira jamais [leur irréalité].

Puisque les causes ne sont pas telles par essence,

On réalise que rien n’a de naissance

66.

Les choses n’ont pas de naissance :

Voilà une explication de la vacuité.

Bref encore, on explique que les cinq agrégats

Désignent l’ensemble des phénomènes.

67.

Le cours de la vérité relative ne s’interrompra pas

Parce que le réel est expliqué tel quel.

Il n’est pas de réel

Différent de la vérité relative.

 

Quand on dit que le réel n’est pas différent de la réalité relative, cela signifie que la réalité relative est la racine même du réel. Voilà pour ce qui concerne l’utilité de comprendre la vacuité.

 

Pensée perso : La relativité de la réalité est la nature même du réel

Un petit schéma pour illustrer ma compréhension de ce système de perception.

 

La "fabrication" du réel

La "fabrication" du réel

 

 

 

     2.   Comprendre la nature de la vacuité

Si on regarde les phénomènes, on voit qu’ils sont infiniment variés, pleins de caractéristiques, mais si on se penche sur la nature ultime, ce n’est pas une unicité, mais une saveur ultime, une unité.

Le goût unique de la compréhension de la nature ultime des choses est au-delà de leur représentation.

Le bouddha évoque la nature quintuple des choses : profonde, pacifiée, libre d’interprétation, lumineuse, non composée.

 

  1. En ce qui concerne le sens de la vacuité, nous pouvons nous reporter aux stances de la Voie du Milieu :

 

18.

J’appelle « vacuité »

Tout ce qui se produit en interdépendance.

Celle-ci est [donc] une désignation relative,

Et c’est cela-même que la Voie médiane.

19.

Puisqu’il n’est rien

Qui ne se produise en interdépendance,

Il n’est rien

Qui ne soit vide.

 

Cela évite de tomber dans les deux extrêmes du nihilisme et du matérialisme. Le nihilisme car elles existent en interdépendance, le matérialisme car elles n’existent pas par elles même.

La vacuité signifie que les phénomènes existent en relation es uns avec les autres.

 

 

13.

Du fait que les fâcheuses conséquences que vous avancez

Ne concernent pas la vacuité,

Votre rejet de la vacuité

Ne me concerne aucunement.

14.

Où la vacuité est possible,

Tout est possible.

Où la vacuité est impossible,

Tout est impossible.

15.

Vous m’accusez

De vos propres fautes

Comme si vous aviez oublié

Le cheval que vous montez !

16.

Si vous considérez que les choses

Existent par essence,

Vous les voyez dépourvues

De causes et de conditions.

17.

[Ce faisant,] vous rejetez l’effet et la cause,

L’agent, l’action et l’objet de l’action,

La naissance et la cessation,

De même que le fruit.

 

 

La nature de la vacuité est nécessaire. Les choses déterminées et indépendantes ne permettraient pas le déploiement de la relation de cause à effet.

 

 

Stances de la Voie Médiane

Chapitre 18

Examen du soi et des choses

 

1.

Si le soi était les agrégats,

Il serait sujet à la naissance et à la destruction.

S’il était différent des agrégats,

Il n’en aurait pas les caractères.

2.

Si le soi lui-même n’existe pas,

Comment donc y aurait-il un « sien » ?

Moi et mien une fois apaisés,

Il n’est plus de croyance au soi ni au sien.

 

La simple acceptation, sans examen du monde extérieur ne conduit pas aux mêmes jeux de répulsion et d’attirance que lorsque l’on croit à l’existence du moi indépendant. Car à partir du moment où l’on croit à un moi indépendant, on va lui donner une importance capitale.

Nous avons vu comment déconstruire le moi, mais il est toujours capital de revenir sur cet enseignement. Car c’est là que réside l’attachement le plus fort, puisqu’il engendre le « mien », le « bon », le « mauvais », …

 

Si le moi est associé au flot de conscience, on s’aperçoit que l’on dit « mon » esprit, « ma » conscience, et qu’on le sépare encore de la conscience, et que l’on continue à l’associer au corps ; je suis une femme, un homme, je suis gros, vieux, etc.

 

On parle d’un raisonnement en 7 points pour réfuter l’existence du moi et on applique ce même raisonnement à la notion de tathagata qui conduit à la « notion de bouddha » et non à une entité propre.

3.

Celui qui ne croit pas au moi ni au mien,

Celui-là n’existe pas davantage ;

Celui qui voit que la croyance au moi et au mien

N’existe pas, celui-là ne voit pas [de moi].

4.

Lorsqu’envers les objets intérieurs et extérieurs

Il n’y a plus de sentiment de soi ou de sien,

L’appropriation s’arrête et, avec son épuisement,

Les renaissances s’épuisent aussi.

 

Si on comprend que tout ceci nait d’une perception mentale surimposée à la réalité, on comprend que ce sont elles qui entretiennent et favorisent le samsara. La libération progressive de ces constructions mentales conduit à la fin des actes et des émotions dualistes.

 

5.

La libération est la fin des actes et des émotions négatives ;

Actes et émotions négatives viennent des pensées dualistes,

Et celles-ci des constructions mentales,

Mais ces dernières cessent dans la vacuité.

 

Ces dernières cessent DANS la vacuité et non par elle. La libération est possible du fait même de la compréhension de la vacuité.

 

 

Dalai lama – Nantes 2008

19 août 2008 – Les enseignements du matin

Retranscription de mon carnet de notes, merci de citer la source www.uranie.net

 

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