mai 07

Je viens de relire la réponse que j’avais apportée à la visualisation de ma quête accomplie.
Plusieurs mois ont passé sur ma quête, elle a résisté à l’hiver qui m’a tenue au silence. Les images de ma quête accomplie me font penser à un lieu magique, hors tu temps, un lieu tempéré, à l’abris des excès du dehors.

Les autres … 
l’Autre est un autre moi même.
Voilà une phrase dont je m’éfforce d’ intégrer le sens au quotidien.
Dans la vision du monde qui est la mienne maintenant, ce qui sépare l’intérieur de l’extérieur, l’autre de moi même devient de plus en plus souple, de plus en plus fin.
J’ai le sentiment de vivre en étroite interdépendance avec ce qui m’entoure, de faire partie d’un tout qui rassemble tout ce qui est incarné dans ce monde et ce monde  lui même. A ce titre, mon existence est mélée à celle des autres humains. chacune de mes pensées, chacun de mes choix, chacun de mes actes détermine le monde dans lequel je vis.

Alors, en découvrant mon talent, en réalisant ma quête, c’est un peu des talents de tous les êtres, un peu de toutes les quêtes que je réalise. 

Certains me diront peut être :  « et les autres ? »  les autres Autres ? les méchants, les perdus, les cruels, les maudits, les monstres ….
Ce sont d’autres moi même. rien ne me permet de juger de leur chemin de vie. Si j’avais eu la même naissance, le même entourage, les mêmes conditions de vie, aurais je fait mieux qu’eux ? Qu’est ce qui pourait me transformer en monstre à mon tour ? peu de choses en fait…. Ils gravissent la montagne par la face nord, mais le bien et le mal sont les deux versants d’une même montagne… pour exister, la lumière a besoin de l’ombre.

je crois que chaque intention que nous exprimons dessine un nouveau chemin. c’est donc l’intention qui guide nos pas, la route n’existe pas vraiment en tant que tel, indépendament de nous même.  La vie nous mêne où nous voulons car … NOUS sommes le chemin.

J’ai besoin de révéler ma propre part de lumière car finalement, ce que je souhaite, c’est pouvoir en apporter un peu aux autres,  quand il fait trop sombre pour trouver son chemin.

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sept 01

 

Commentaire de l’esprit d’éveil – Nagarjuna

 

69

La vérité relative émane du karma et des émotions négatives,

Et le karma émane de l’esprit.

Or l’esprit est accumulation de schémas habituels :

La félicité vient avec la fin des schémas habituels.

70.

La félicité de l’esprit est la paix elle-même

Et l’esprit en paix ne tombe pas dans l’ignorance.

L’absence d’ignorance est la réalisation du réel

Et la réalisation du réel apporte la libération.

71.

Il est expliqué que l’Ainsité,

La réalité ultime, le sans-caractéristiques,

La vérité absolue et le suprême

Esprit d’Éveil sont la vacuité.

72.

Ceux qui ne connaissent pas la vacuité

Ne peuvent pas atteindre la libération.

Ignorants, ils tournent en rond,

Prisonniers de l’existence, dans les six destinées.

 

La vacuité s’aborde par 2 voies :

  • La compréhension
  • La réalisation par la méditation

 

La pratique, en réalisant la vacuité va agir contre les klesas, mais sans la compréhension de la vacuité, il n’y a pas  de moyen de se libérer des souffrances.

 

Le bouddhisme parle des 3 joyaux qui sont les 3 objets de refuge :

  • Le dharma
  • Le Bouddha
  • La Sangha (Les compagnons de voyage)

 

Chaque tradition a ses propres objets de refuge et ici, l’aspect particulier est que nous revenons notre propre refuge car, au-delà de la foi il y a reconnaissance des (illisible) de ce refuge, ce qui permet d’aller au-delà de la souffrance. Pour atteindre ce refuge ultime, il faut mettre en œuvre la sagesse et la connaissance. Pour atteindre l’Eveil, il faut avoir une existence relativement heureuse, celle des royaumes supérieurs du samsara. La racine qui permet d’atteindre les destinées heureuses du samsara est la connaissance qui donne la sagesse.

En ce qui concerne la foi, la confiance que nous plaçons dans le guide, elle est commune à tous les véhicules. Dans le cas du refuge du bouddhisme, celui-ci exige que l’on pratique les 10 actes vertueux en évitant les comportements négatifs.

Deux attitudes permettent d’éviter de perpétuer ces actes négatifs.

Pour les Bodhisattvas il s’agit de s’abstenir en raison des conséquences néfastes pour les autres.

Pour les auditeurs et les bouddhas par eux même, ce sera par peur d’en souffrir soi même, ici ou plus tard.

Dans le second cas, d’où procèdent les actes négatifs ? Notre attachement à la permanence des choses et à soi même. Nous cherchons notre propre confort en nous disant que « c’est comme cela ». L’antidote consiste à ne pas prendre pour ce qui est ce qui n’est pas. Il s’agit des « vues fausses »

Prendre pour permanent ce qui est impermanent

Prendre pour félicité et bonheur ce qui est souffrance

Prendre pour moi ce qui est rien

 

Dans les 400 quatrains d’Aryadeva, on doit se débarrasser de toutes les vues conceptuelles. Abandonner les actes non vertueux. Abandonner la croyance au soi par la méditation. Finalement, il s’agit de réaliser la vacuité, réaliser l’ensemble du chemin du bouddhisme.

 

Ce qu’on appelle le nirvana est « au-delà de la souffrance »

La première étape de l’abandon des actes non vertueux est d’éviter de nuire aux autres, cela permet d’échapper aux royaumes inférieurs.

Ecarter les klesas permettra d’échapper au samsara

Réaliser la vacuité entrainera la diminution des tendances aux klesas

 

73.

Il ne fait aucun doute

Que le yogi qui aura médité

Ainsi sur la vacuité œuvrera

Passionnément au bien des autres.

 

Les étapes qui mènent à cette œuvre active pour le bien des autres sont :

  • La conscience de la libération

            Prise de conscience, la conviction, qu’il est possible de se libérer de la souffrance. Si on accepte sans réaliser par la compréhension, la motivation sera beaucoup plus faible.

  • Se libérer

            Cette prise de conscience va permettre de se libérer

  • Libérer les autres

            Moi, ok, mais les autres ? Ceux qui ne savent pas. Constater les souffrances et avoir la conviction qu’ils peuvent eux aussi se libérer engendre une profonde compassion.

 

Donc, le fondement d’une puissante compassion procède de la conviction qu’il est possible de se libérer. Sans cela on dira « quelle misère … », « que peut-on y faire …. »

C’est comme voir quelqu’un en train de se noyer et voir qu’il il a au loin une ile, une ile qu’il ne peut pas voir de là ou il est. On va souhaiter qu’il nage dans la bonne direction, on va se demander comment l’aider.

Si on ne voit pas l’ile, on aura de la pitié et de la résignation, mais on ne pourra vraiment rien faire pour aider l’autre.

 

Les étapes de l’Esprit d’Eveil, de la bodhicitta s’enclenchent donc ainsi :

Se libérer de la souffrance

Libérer les autres de la souffrance

Les protéger de la souffrance et de ses causes

Il s’agit ici de s’engager dans la protection des autres. Le but d’atteindre l’Eveil est s’quérir la sagesse, la connaissance nécessaire à la protection des autres.

La bodhicitta a donc 2 directions, les autres et la connaissance, la sagesse.

Ce sont les deux facettes de la compassion.

Se débarrasser de la souffrance de tous les êtres

Acquérir la connaissance des mécanismes des la souffrance

Le Bouddha a dit « les souffrances doivent être reconnues »

Quand c’est moi qui souffre, je n’ai pas besoin qu’on me l’explique ! Il fait ici référence à la souffrance qui ne se voit pas. La souffrance du changement, celui qui résulte de l’accumulation des conséquences karmiques, des klesas. C’est là qu’intervient l’importance de se défaire de l’attachement au soi.

 

Toutes les grandes traditions religieuses du monde montrent l’importance qu’il faut attacher à la compréhension de la tolérance, du pardon et de la compassion. Il y a des différences de méthodes et de raisonnements, mais elles ont toutes le même objet.

 

Les religions théistes étendent leur amour à tous les êtres animés, en tant que créations de dieu. Le fait de se voir soi même comme création de Dieu constitue un lien très fort avec les autres et dans cette vie même. Le non recours à la réincarnation constitue une connexion très forte avec l’enseignement de Dieu. Donc, qu’il y ait un dieu ou pas, ce la n’est pas important, l’objet est unique : amour et compassion.

On trouve cette diversité dans le bouddhisme lui-même. On trouve des écrits très différents sur la vacuité, et moi-même, parfois, je m’interroge, avec tout le respect que je lui dois, sur ce que le Bouddha a voulu dire …. J

Je me dis … est il confus ? Non, bien sure, cela n’a pas de sens …

Dans ce cas, souhaite-t-il engendrer la confusion ? Non ! cela n’a pas plus de sens ! …

Il souhaite offrir différents niveaux de compréhension en fonction de la personne à laquelle il s’adresse.

Par exemple, l’enseignement de la vacuité pourrait rapidement entrainer vers le nihilisme pour qui n’est pas en mesure de comprendre cette notion. C’est pour cela que je dis qu’il est toujours plus sûr de suivre sa propre tradition religieuse car elle est adaptée à la nature de notre esprit.

 

 

Dalaï lama – Nantes 2008

19 août 2008 – Enseignements de l’après midi

Retranscription de mon carnet de notes, merci de citer la source www.uranie.net

 

 

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août 25

Vacuité

 

 

 

 

Stances de la Voie Médiane

Chapitre 24

Examen des nobles vérités

 

 

7.

À tout cela je répondrai : vous ne comprenez rien

À la nécessité de la vacuité, ni à la vacuité elle-même,

Ni à ce qu’elle signifie, et c’est pour cela

Que vous la réfutez ainsi.

8.

Les bouddhas enseignent le Dharma

À deux [niveaux de] vérité :

La vérité relative conventionnelle

Et la vérité absolue.

9.

Ceux qui ignorent la distinction

Entre les deux vérités

Ne saisissent pas la profonde réalité

Enseignée par le Bouddha.

10.

Il est impossible de montrer l’absolu

Sans recourir aux conventions ;

Le nirvâna est impossible

Sans la réalisation de l’absolu.

11.

Mal comprise, la vacuité

Perd ceux qui manquent de sagesse

Comme un serpent mal attrapé

Ou une formule magique mal utilisée.

12.

C’est pourquoi, en esprit, le Sage répugnait

À enseigner le Dharma, car il savait

Combien les faibles [d’esprit] auraient de peine

À en réaliser les profondeurs.

 

 

Pour résumer ce que nous avons vu hier, certains accusent la Voie du milieu, le Madhyamika, de nihilisme. Il est important de réfléchir à 3 points concernant la compréhension de la vacuité.

 

  1. A quoi sert-elle ?
    1. Méditer
    2. Voir que l’ignorance est la racine de la souffrance
    3. Comprendre et enrayer le processus des klesa

                                                              i.      Emotions destructrices

                                                            ii.      3 Poisons

1.      Désir possessif

2.      Arrogance

3.      Haine

                                                          iii.      Attachement à la permanence

 

  1. Quelle est sa nature ?
  2. Quel est son sens ?

1.   Pour enrayer le processus des klesa, il faudra utiliser plusieurs antidotes.

Les antidotes directs neutralisent, découragent et détruisent les klesa. Par exemple, l’antidote direct de la haine est l’amour, l’antidote direct du désir est de considérer les aspects peu attirants de l’objet du désir.

Cela permettra de neutraliser, mais jamais de déraciner la souffrance.

Le seul antidote réel est la contemplation et par là, la réalisation de la nature véritable des choses. Il importe de développer une compréhension totale et profonde de la non identité de la personne, c’est pour cela que nous avons besoin de la vacuité. Pour se débarrasser de l’attachement au soi.

 

La représentation des phénomènes demeure au-delà de la prise de conscience qu’ils sont dénués d’identité, et il en surgira encore des attachements très subtils.

Il importe de se libérer de cet attachement subtil en réalisant la vacuité de toute représentation mentale. On parle de la vacuité de la vacuité.

Lorsque nous contemplons le monde, il existe tel que nous le voyons. Comment pourrait on comprendre que ce que je vois là, cette fleur devant moi, n’a qu’une existence nominale ?

 

Le bouddha a dit que toute chose avait une apparence et une nature ultime. Par exemple, l’emballage ne permet pas toujours de supposer du contenu véritable d’une chose. Ceux qui ignorent la différence entre ces deux vertus ne peuvent comprendre les propos du bouddha.

Il importe de ne pas simplement souscrire à cette vision superficielle que le monde est réel. Il faut faire une analyse plus poussée et réaliser que le monde a deux vérités par une analyse des caractéristiques apparentes et une analyse de la nature véritable des choses.

 

Cela rejoint l’analyse des physiciens de la nature.

La fleur parait réelle, avoir une existence, mais l’observation de cet aspects grossier de la nature que nous appelons une fleur conduit aux particules élémentaires qui la composent et même au-delà, au niveau quantique, au fait que les particules ne sont pas des choses mais des évènements. En effet, les physiciens nous disent que, plus on essaye de saisir une particule, moins on y arrive, ce qui conduit à observer des relations et non des éléments dotés de caractéristiques intrinsèques.

 

Ces deux visons, conventionnelle et ultime, il faut toujours les garder ensemble. L’une vise à examiner la nature illusoire des formes et l’autre la nature ultime qui est la vacuité.

 

Le bouddha ne disposait pas d’autre instrument d’analyse et d’observation que son esprit. C’est pas la méditation sur les choses qu’il a saisi ceci et qu’il a pu dire que tout ce qui est apparaît à la suite de causes et de conséquences, mais que rien n’est vraiment né, en tant qu’entité douée d’existence propre et autonome.

 

On transcende de cette façon les deux extrêmes de l’existence : réalité et néant par apparence ET vacuité.

 

Il faut commencer par accepter l réalité telle qu’on la voit puis passer ensuite à la compréhension de la nature ultime des choses, de la vacuité. La vacuité ne débarrasse pas de la réalité. C’est pour cela que cet enseignement peut s’avérer dangereux si la vacuité est mal comprise. C’est pour cela que l’on trouve une grande quantité de niveaux d’enseignement, chacun est destiné à ajuster la progression de l’élève sur la voie de la juste compréhension des enseignements.

 

 

Commentaire de l’esprit d’Eveil – Nagarjuna

 

63.

Bref, de choses vides

Naissent des choses vides :

Le Vainqueur enseigne que l’agent éprouve

Les effets de ses actes en vérité relative.

64.

Le son du tambour, de même que la pousse

Sont le fruit d’un concours [de circonstances].

Les manifestations extérieures en interdépendances

S’apparentent au rêve et au spectacle du magicien.

 

Pour revenir à cet examen des deux vérités, la vérité relative est fondée sur la compréhension de l’interdépendance, le jeu des relations, des causes et des effets, des causes et de leurs fruits, mais en comprenant que, ni la cause ni le fruit n’ont d’existence propre. « Interdépendant » et « dénué d’existence propre » sont des synonymes.

 Et, en même temps, c’est parce que les choses sont interdépendantes et dénuées d’existence propres que cela permet le déploiement des phénomènes.

 

Pensée perso : c’est aussi cela qui permet la capacité de changement en psychologie

 

C’est cela qui sous tend que les phénomènes puissent être composés d’une infinité d’autres phénomènes sous jacents.

 

                        Pensée perso : dimension fractale de la réalité

 

La communauté de nature entre la cause et l’effet réside dans le fait par exemple que la graine donne la plante.

 

Quelles sont les possibilités pour qu’une chose naisse ?

  • D’elle-même
  • D’une autre chose
  • De rien
  • Ni de l’un ni de l’autre

 

 

65.

La production causale des choses

Ne contredira jamais [leur irréalité].

Puisque les causes ne sont pas telles par essence,

On réalise que rien n’a de naissance

66.

Les choses n’ont pas de naissance :

Voilà une explication de la vacuité.

Bref encore, on explique que les cinq agrégats

Désignent l’ensemble des phénomènes.

67.

Le cours de la vérité relative ne s’interrompra pas

Parce que le réel est expliqué tel quel.

Il n’est pas de réel

Différent de la vérité relative.

 

Quand on dit que le réel n’est pas différent de la réalité relative, cela signifie que la réalité relative est la racine même du réel. Voilà pour ce qui concerne l’utilité de comprendre la vacuité.

 

Pensée perso : La relativité de la réalité est la nature même du réel

Un petit schéma pour illustrer ma compréhension de ce système de perception.

 

La "fabrication" du réel

La "fabrication" du réel

 

 

 

     2.   Comprendre la nature de la vacuité

Si on regarde les phénomènes, on voit qu’ils sont infiniment variés, pleins de caractéristiques, mais si on se penche sur la nature ultime, ce n’est pas une unicité, mais une saveur ultime, une unité.

Le goût unique de la compréhension de la nature ultime des choses est au-delà de leur représentation.

Le bouddha évoque la nature quintuple des choses : profonde, pacifiée, libre d’interprétation, lumineuse, non composée.

 

  1. En ce qui concerne le sens de la vacuité, nous pouvons nous reporter aux stances de la Voie du Milieu :

 

18.

J’appelle « vacuité »

Tout ce qui se produit en interdépendance.

Celle-ci est [donc] une désignation relative,

Et c’est cela-même que la Voie médiane.

19.

Puisqu’il n’est rien

Qui ne se produise en interdépendance,

Il n’est rien

Qui ne soit vide.

 

Cela évite de tomber dans les deux extrêmes du nihilisme et du matérialisme. Le nihilisme car elles existent en interdépendance, le matérialisme car elles n’existent pas par elles même.

La vacuité signifie que les phénomènes existent en relation es uns avec les autres.

 

 

13.

Du fait que les fâcheuses conséquences que vous avancez

Ne concernent pas la vacuité,

Votre rejet de la vacuité

Ne me concerne aucunement.

14.

Où la vacuité est possible,

Tout est possible.

Où la vacuité est impossible,

Tout est impossible.

15.

Vous m’accusez

De vos propres fautes

Comme si vous aviez oublié

Le cheval que vous montez !

16.

Si vous considérez que les choses

Existent par essence,

Vous les voyez dépourvues

De causes et de conditions.

17.

[Ce faisant,] vous rejetez l’effet et la cause,

L’agent, l’action et l’objet de l’action,

La naissance et la cessation,

De même que le fruit.

 

 

La nature de la vacuité est nécessaire. Les choses déterminées et indépendantes ne permettraient pas le déploiement de la relation de cause à effet.

 

 

Stances de la Voie Médiane

Chapitre 18

Examen du soi et des choses

 

1.

Si le soi était les agrégats,

Il serait sujet à la naissance et à la destruction.

S’il était différent des agrégats,

Il n’en aurait pas les caractères.

2.

Si le soi lui-même n’existe pas,

Comment donc y aurait-il un « sien » ?

Moi et mien une fois apaisés,

Il n’est plus de croyance au soi ni au sien.

 

La simple acceptation, sans examen du monde extérieur ne conduit pas aux mêmes jeux de répulsion et d’attirance que lorsque l’on croit à l’existence du moi indépendant. Car à partir du moment où l’on croit à un moi indépendant, on va lui donner une importance capitale.

Nous avons vu comment déconstruire le moi, mais il est toujours capital de revenir sur cet enseignement. Car c’est là que réside l’attachement le plus fort, puisqu’il engendre le « mien », le « bon », le « mauvais », …

 

Si le moi est associé au flot de conscience, on s’aperçoit que l’on dit « mon » esprit, « ma » conscience, et qu’on le sépare encore de la conscience, et que l’on continue à l’associer au corps ; je suis une femme, un homme, je suis gros, vieux, etc.

 

On parle d’un raisonnement en 7 points pour réfuter l’existence du moi et on applique ce même raisonnement à la notion de tathagata qui conduit à la « notion de bouddha » et non à une entité propre.

3.

Celui qui ne croit pas au moi ni au mien,

Celui-là n’existe pas davantage ;

Celui qui voit que la croyance au moi et au mien

N’existe pas, celui-là ne voit pas [de moi].

4.

Lorsqu’envers les objets intérieurs et extérieurs

Il n’y a plus de sentiment de soi ou de sien,

L’appropriation s’arrête et, avec son épuisement,

Les renaissances s’épuisent aussi.

 

Si on comprend que tout ceci nait d’une perception mentale surimposée à la réalité, on comprend que ce sont elles qui entretiennent et favorisent le samsara. La libération progressive de ces constructions mentales conduit à la fin des actes et des émotions dualistes.

 

5.

La libération est la fin des actes et des émotions négatives ;

Actes et émotions négatives viennent des pensées dualistes,

Et celles-ci des constructions mentales,

Mais ces dernières cessent dans la vacuité.

 

Ces dernières cessent DANS la vacuité et non par elle. La libération est possible du fait même de la compréhension de la vacuité.

 

 

Dalai lama – Nantes 2008

19 août 2008 – Les enseignements du matin

Retranscription de mon carnet de notes, merci de citer la source www.uranie.net

 

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