|
sept 01
|
Commentaire de l’Esprit d’Eveil – Nagarjuna
74.
Nous devons rendre leurs bontés
Aux êtres qui nous aidèrent autrefois
Parce qu’ils étaient notre père, notre mère,
Des proches ou des amis.
Nous avons été reliés à tous les êtres à travers la multitude de nos vies passées. Si nous avions conscience de cela, nous comprendrions que les autres sont d’autres soi et sont même plus importants que nous même.
Si on reconnaît la bonté de toutes les mères qui ont donné nos vies, leur compassion, nous devons manifester de la gratitude en retour en aidant les autres à faire le vœu de devenir l’instrument de ce but.
76.
Les fruits désirables et indésirables
Du monde aux destinées bonnes et mauvaises
Naissent du bien et du mal
Que l’on a pu faire aux êtres.
Une fois que nous avons pris conscience de la bienveillance de ceux qui ont été nos parents, nos amis et qu’on se demande comment s’acquitter de cette dette, cette gratitude, ces versets y répondent :
77.
Si, en servant les êtres,
On atteint l’insurpassable état de bouddha,
Pourquoi s’étonner de ce qu’il n’y ait
Pas une des richesses céleste ou humaine …
78.
… Dont jouissent Brahmâ, Shakra
Ou les rois, dans ces trois mondes,
Qui ne provienne
D’un simple bienfait dispensé aux êtres ?
79.
Les innombrables formes de souffrances
Que les êtres éprouvent dans les enfers,
Le monde des animaux et celui des esprits faméliques
Sont l’effet du mal fait aux autres.
Il est important aussi de comprendre à quel point il est important de respecter les êtres inanimés car nous leur devons tout.
Par exemple notre nourriture : pensez à tous ceux qui ont travaillé, contribué à cela. Idem pour nos vêtements, notre maison ; Pensez au fait que toute notre existence dépend du travail et de la bienveillance d’autrui.
Sur l’aspect intérieur, par exemple de la pratique spirituelle, plus la patience augmente, plus la colère diminue. Nous n’avons pas à faire d’effort vis-à-vis des bouddhas, mais grâce aux êtres. C’est grâce à eux que nous avons la possibilité de nous exercer.
La discipline, qui rassemble les règles de conduite comportementales par rapport aux autres êtres
La bodhicitta, sa valeur fondamentale, la compassion, est praticable uniquement en lien avec les autres.
Les autres sont indispensables à l’exercice de notre paix intérieur, de la compassion et de la bienveillance qui sont les fondements de l’Eveil.
LE COLLIER DE JOYAUX - Nagarjuna
14.
Le raisonnement et les textes confirment
Que les mérites forment la cause
De l’accomplissement de l’Éveil :
Ne sois donc pas indolent en la matière !
15.
De même que l’espace, la terre, l’eau, le feu et l’air
Sont présents sans limites dans toutes les directions,
Les êtres soumis à la souffrance
Sont eux aussi en nombre illimité.
16.
Il est sûr que le bodhisattva au cœur aimant
Arrache à leurs souffrances
Ces êtres en nombre illimité
Pour les établir dans la bouddhéité.
17.
Dès lors qu’il a correctement adopté [l’esprit d’Eveil],
Celui qui s’y tient fermement,
Qu’il dorme ou qu’il soit éveillé,
Et même s’il est inattentif, comme le nombre […]
18.
Des êtres est illimité, en proportion de ces êtres
Ses mérites se font illimités, permanents, et ainsi de suite,
Et du fait de ce caractère illimité, on dit qu’il lui sera difficile
De ne pas atteindre la bouddhéité, laquelle est illimitée.
19.
Celui qui demeure ici-bas pour un temps illimité
En voulant atteindre l’insondable Éveil
Pour un nombre insondable d’êtres
Et en aspirant à d’insondables actes vertueux, […]
20.
Celui-là, même si l’Éveil est insondable,
Pourquoi ne l’atteindrait-il pas
Avant longtemps du fait de ses accumulations
Qui présentent un quadruple aspect ?
On parle ici des « 4 insondables » :
- Temps illimité
- Etres illimités
- Mérites illimités
- Résultats illimités
21.
Ces « mérites illimités »
Et cette « sagesse illimitée »
Éliminent promptement
Les souffrances du corps et de l’esprit.
22
La faim, la soif et d’autres souffrances échoient à ceux
Que leurs actes négatifs ont laissés dans les mauvaises destinées.
Le bodhisattva ne commettant pas d’actes négatifs mais des mérites
Ne connaîtra plus ces souffrances dans ses autres vies.
23.
Il sait que les souffrances mentales provoquées par l’ignorance,
Comme l’attachement, la haine, la peur ou le désir,
N’ont aucun support, et c’est ainsi
Qu’il les élimine promptement.
24.
N’étant pas diminué le moins du monde
Par les souffrances du corps et de l’esprit,
Comment pourrait-il se lasser, même s’il devait
Guider le monde jusqu’à la fin du monde ?
Les difficultés du corps viennent d’actes négatifs dans les vies passées
Les difficultés mentales viennent e la difficulté à voir la réalité, de l’ignorance
Une fois que la bodhicitta est née en nous, il n’y a aucune raison pour se lasser car tout effort vaut la peine
La Guirlande de vues – Nagarjuna
Pour les bodhisattvas toutes choses, que ce soit dans le domaine pollué du samsâra ou dans le domaine pur du nirvâna, sont dépourvues de nature propre en vérité absolue. En vérité relative, elles existent comme de simples illusions tout en gardant leurs caractères particuliers. D’autre part, la pratique des dix vertus transcendantes a pour résultat de les faire progresser dans les [dix] terres, avec pour résultat final l’Éveil insurpassable.
Le véhicule de diamant présente à son tour trois aspects : le véhicule des tantras d’action (kriyâtantra), le véhicule des tantras mixtes (ubhayatantra) et le véhicule du yoga (yogatantra). Vue des adeptes du véhicule de l’action : [sur la base de] la vérité absolue, où il n’existe rien de tel que naissance et cessation, [la pratique consiste,] en vérité relative, à méditer sur le corps formel d’une déité [en visualisant] l’image de ce corps, les emblèmes de son esprit, et [en procédant aux] récitations. Ce qui, avec [les pratiques de] propreté, [le respect du] calendrier, des planètes, des constellations et ainsi de suite [vaut pour] l’essentiel, jusqu’aux accomplissements issus du pouvoir [qui résulte] de la conjonction des objets matériels et de [toutes] les causes primaires et secondaires [du samâdhi].
On distingue les tantras extérieurs et les tantras intérieurs. Les tantras extérieurs sont des pratiques acétiques. Les tantras intérieurs sont des moyens habiles de progresser.
Vue des adeptes des tantras mixtes : depuis la vérité absolue où il n’est pas de naissance ni de cessation, [l’adepte] médite, en vérité relative, sur le corps formel d’une déité. Il atteindra l’accomplissement grâce au samâdhi de la méditation sur les quatre « principes essentiels » combiné aux objets matériels et aux autres causes primaires et secondaires.
La vue des adeptes du véhicule des tantras du yoga présente deux aspects : le véhicule des tantras du yoga extérieur de l’ascèse et le véhicule des tantras du yoga intérieur des méthodes.
Vue des adeptes du véhicule des tantras du yoga extérieur de l’ascèse : les [pratiques] extérieures et les objets ne sont pas tenus ici pour essentiels. [L’adepte] médite sur des dieux et des déesses qui, en vérité absolue, n’ont pas de naissance ni de cessation ; dans un samâdhi qui rend son continuum mental aussi pur que les déités, [l’adepte] médite sur la forme d’un corps sublime en appliquant les quatre sceaux. Il atteindra l’accomplissement en se concentrant essentiellement sur ce yoga.
Vue des adeptes du véhicule des tantras du yoga intérieur des méthodes : ce yoga se subdivise en trois méthodes : méthode de création, méthode de perfection et méthode de grande perfection.
Quelle différence y a-t-il dans l’enseignement et la pratique des tantras ? Du point de vue de l’objet, il n’y a pas de différence entre les vues des soutras et des tantras.
Mais du point de vue du sujet, il y a une différence.
Donc, quel que soit l’enseignement, l’objet reste le même, la différence sera au niveau du sujet, de celui qui expérimente.
Dans le mahayoga, il ya d’une part la sadhana, la pratique et d’autre part, les tantras, les enseignements.
L’initiation de Padmasambhava que nous allons recevoir aujourd’hui fait partie des sadhanas du mahayoga.
Le mahayoga est la transposition de toutes les sagesses sous formes de déités. Il comporte des instructions extérieures, intérieures, secrètes (subtiles), et suprêmement secrètes (ultimes)
Cette méthode répond au sens ultime de la grande perfection. C’est l’accès spontané au niveau de la grande assemblée de la roue des lettres : celui qui a une vivacité d’esprit supérieure comprend que ce qui est bouddha depuis toujours est bouddha depuis toujours, puis il progresse à pas lents ou rapides, ce qui ne saurait toutefois être du ressort des êtres ordinaires.
Les êtres ordinaires qui entendent [ces enseignements] ont beau y réfléchir, ils ne croient pas à leur vérité ni à leur profondeur. Puisque les esprits ordinaires ont du mal à y ajouter foi et à les comprendre, et qu’ils ne savent pas qu’ils sont véridiques et profonds, ils les jugent à l’aune de leur propre expérience, pensent que tous les autres sont dans le même cas qu’eux, critiquent les êtres sublimes en disant qu’ils mentent et adoptent une attitude de rejet. Voilà pourquoi [ce véhicule] est secret au plus haut point et qu’il a été décrété « véhicule ultra secret ».
En conséquence, si un maître œuvre au bien des êtres à l’aide des véhicules inférieurs jusqu’à ce qu’ils comprennent que toutes choses sont bouddhas depuis toujours, pour ne pas aider ses disciples en pure perte, il devra être expert dans les défauts du samsâra, dans les qualités du nirvâna et dans tous les véhicules. S’il ignore certains points, il n’est pas digne d’être suivi : ce qui a été abondamment enseigné.
Les disciplines et les comportements particuliers varient eux aussi avec les vues. Les Indifférents et les matérialistes Extrémistes ne s’astreignent à aucune discipline. Ceux qui s’astreignent à une discipline sont quatre : les Chârvakas et d’autres adeptes non bouddhistes pour les ascèses mondaines, après quoi viennent les disciplines des auditeurs et des bodhisattvas, puis les disciplines suprêmes.
Il faut avoir compris l’ensemble des enseignements pour comprendre qu’il n’y a pas de différence entre samsara et nirvana. Nous avons besoin d’un maître pour nous éclairer sur le sens des mots et d’un disciple authentiquement concentré à l’apprentissage. Sans cela, les enseignements subtils n’ont pas d’intérêt et n’engendrent que confusion.
Dalaï lama – Nantes 2008
20 août 2008 – Enseignements du matin
Retranscription de mon carnet de notes, merci de citer la source www.uranie.net
Post Footer automatically generated by Add Post Footer Plugin for wordpress.



