sept 01

Padmasambhava

 

Commentaire de l’Esprit d’Eveil – Nagarjuna

 

74.

Nous devons rendre leurs bontés

Aux êtres qui nous aidèrent autrefois

Parce qu’ils étaient notre père, notre mère,

Des proches ou des amis.

 

Nous avons été reliés à tous les êtres à travers la multitude de nos vies passées. Si nous avions conscience de cela, nous comprendrions que les autres sont d’autres soi et sont même plus importants que nous même.

 

Si on reconnaît la bonté de toutes les mères qui ont donné nos vies, leur compassion, nous devons manifester de la gratitude en retour en aidant les autres à faire le vœu de devenir l’instrument de ce but.

 

76.

Les fruits désirables et indésirables

Du monde aux destinées bonnes et mauvaises

Naissent du bien et du mal

Que l’on a pu faire aux êtres.

 

Une fois que nous avons pris conscience de la bienveillance de ceux qui ont été nos parents, nos amis et qu’on se demande comment s’acquitter de cette dette, cette gratitude, ces versets y répondent :

 

77.

Si, en servant les êtres,

On atteint l’insurpassable état de bouddha,

Pourquoi s’étonner de ce qu’il n’y ait

Pas une des richesses céleste ou humaine …

78.

… Dont jouissent Brahmâ, Shakra

Ou les rois, dans ces trois mondes,

Qui ne provienne

D’un simple bienfait dispensé aux êtres ?

79.

Les innombrables formes de souffrances

Que les êtres éprouvent dans les enfers,

Le monde des animaux et celui des esprits faméliques

Sont l’effet du mal fait aux autres.

 

Il est important aussi de comprendre à quel point il est important de respecter les êtres inanimés car nous leur devons tout.

Par exemple notre nourriture : pensez à tous ceux qui ont travaillé, contribué à cela. Idem pour nos vêtements, notre maison ; Pensez au fait que toute notre existence dépend du travail et de la bienveillance d’autrui.

 

Sur l’aspect intérieur, par exemple de la pratique spirituelle, plus la patience augmente, plus la colère diminue. Nous n’avons pas à faire d’effort vis-à-vis des bouddhas, mais grâce aux êtres. C’est grâce à eux que nous avons la possibilité de nous exercer.

 

La discipline, qui rassemble les règles de conduite comportementales par rapport aux autres êtres

La bodhicitta, sa valeur fondamentale, la compassion, est praticable uniquement en lien avec les autres.

Les autres sont indispensables à l’exercice de notre paix intérieur, de la compassion et de la bienveillance qui sont les fondements de l’Eveil.

 

LE COLLIER DE JOYAUX  - Nagarjuna

 

14.

Le raisonnement et les textes confirment

Que les mérites forment la cause

De l’accomplissement de l’Éveil :

Ne sois donc pas indolent en la matière !

15.

De même que l’espace, la terre, l’eau, le feu et l’air

Sont présents sans limites dans toutes les directions,

Les êtres soumis à la souffrance

Sont eux aussi en nombre illimité.

16.

Il est sûr que le bodhisattva au cœur aimant

Arrache à leurs souffrances

Ces êtres en nombre illimité

Pour les établir dans la bouddhéité.

17.

Dès lors qu’il a correctement adopté [l’esprit d’Eveil],

Celui qui s’y tient fermement,

Qu’il dorme ou qu’il soit éveillé,

Et même s’il est inattentif, comme le nombre […]

18.

Des êtres est illimité, en proportion de ces êtres

Ses mérites se font illimités, permanents, et ainsi de suite,

Et du fait de ce caractère illimité, on dit qu’il lui sera difficile

De ne pas atteindre la bouddhéité, laquelle est illimitée.

19.

Celui qui demeure ici-bas pour un temps illimité

En voulant atteindre l’insondable Éveil

Pour un nombre insondable d’êtres

Et en aspirant à d’insondables actes vertueux, […]

20.

Celui-là, même si l’Éveil est insondable,

Pourquoi ne l’atteindrait-il pas

Avant longtemps du fait de ses accumulations

Qui présentent un quadruple aspect ?

 

On parle ici des « 4 insondables » :

  • Temps illimité
  • Etres illimités
  • Mérites illimités
  • Résultats illimités

 

21.

Ces « mérites illimités »

Et cette « sagesse illimitée »

Éliminent promptement

Les souffrances du corps et de l’esprit.

22

La faim, la soif et d’autres souffrances échoient à ceux

Que leurs actes négatifs ont laissés dans les mauvaises destinées.

Le bodhisattva ne commettant pas d’actes négatifs mais des mérites

Ne connaîtra plus ces souffrances dans ses autres vies.

23.

Il sait que les souffrances mentales provoquées par l’ignorance,

Comme l’attachement, la haine, la peur ou le désir,

N’ont aucun support, et c’est ainsi

Qu’il les élimine promptement.

24.

N’étant pas diminué le moins du monde

Par les souffrances du corps et de l’esprit,

Comment pourrait-il se lasser, même s’il devait

Guider le monde jusqu’à la fin du monde ?

 

Les difficultés du corps viennent d’actes négatifs dans les vies passées

Les difficultés mentales viennent e la difficulté à voir la réalité, de l’ignorance

Une fois que la bodhicitta est née en nous, il n’y a aucune raison pour se lasser car tout effort vaut la peine

 

La Guirlande de vues – Nagarjuna

 

Pour les bodhisattvas toutes choses, que ce soit dans le domaine pollué du samsâra ou dans le domaine pur du nirvâna, sont dépourvues de nature propre en vérité absolue. En vérité relative, elles existent comme de simples illusions tout en gardant leurs caractères particuliers. D’autre part, la pratique des dix vertus transcendantes a pour résultat de les faire progresser dans les [dix] terres, avec pour résultat final l’Éveil insurpassable.

 

Le véhicule de diamant présente à son tour trois aspects : le véhicule des tantras d’action (kriyâtantra), le véhicule des tantras mixtes (ubhayatantra) et le véhicule du yoga (yogatantra). Vue des adeptes du véhicule de l’action : [sur la base de] la vérité absolue, où il n’existe rien de tel que naissance et cessation, [la pratique consiste,] en vérité relative, à méditer sur le corps formel d’une déité [en visualisant] l’image de ce corps, les emblèmes de son esprit, et [en procédant aux] récitations. Ce qui, avec [les pratiques de] propreté, [le respect du] calendrier, des planètes, des constellations et ainsi de suite [vaut pour] l’essentiel, jusqu’aux accomplissements issus du pouvoir [qui résulte] de la conjonction des objets matériels et de [toutes] les causes primaires et secondaires [du samâdhi].

 

On distingue les tantras extérieurs et les tantras intérieurs. Les tantras extérieurs sont des pratiques acétiques. Les tantras intérieurs sont des moyens habiles de progresser.

 

Vue des adeptes des tantras mixtes : depuis la vérité absolue où il n’est pas de naissance ni de cessation, [l’adepte] médite, en vérité relative, sur le corps formel d’une déité. Il atteindra l’accomplissement grâce au samâdhi de la méditation sur les quatre « principes essentiels » combiné aux objets matériels et aux autres causes primaires et secondaires.

 

La vue des adeptes du véhicule des tantras du yoga présente deux aspects : le véhicule des tantras du yoga extérieur de l’ascèse et le véhicule des tantras du yoga intérieur des méthodes.

 

Vue des adeptes du véhicule des tantras du yoga extérieur de l’ascèse : les [pratiques] extérieures et les objets ne sont pas tenus ici pour essentiels. [L’adepte] médite sur des dieux et des déesses qui, en vérité absolue, n’ont pas de naissance ni de cessation ; dans un samâdhi qui rend son continuum mental aussi pur que les déités, [l’adepte] médite sur la forme d’un corps sublime en appliquant les quatre sceaux. Il atteindra l’accomplissement en se concentrant essentiellement sur ce yoga.

 

Vue des adeptes du véhicule des tantras du yoga intérieur des méthodes : ce yoga se subdivise en trois méthodes : méthode de création, méthode de perfection et méthode de grande perfection.

 

Quelle différence y a-t-il dans l’enseignement et la pratique des tantras ? Du point de vue de l’objet, il n’y a pas de différence entre les vues des soutras et des tantras.

Mais du point de vue du sujet, il y a une différence.

Donc, quel que soit l’enseignement, l’objet reste le même, la différence sera au niveau du sujet, de celui qui expérimente.

 

Dans le mahayoga, il ya d’une part la sadhana, la pratique et d’autre part, les tantras, les enseignements.

L’initiation de Padmasambhava que nous allons recevoir aujourd’hui fait partie des sadhanas du mahayoga.

Le mahayoga est la transposition de toutes les sagesses sous formes de déités. Il comporte des instructions extérieures, intérieures, secrètes (subtiles), et suprêmement secrètes (ultimes)

 

Cette méthode répond au sens ultime de la grande perfection. C’est l’accès spontané au niveau de la grande assemblée de la roue des lettres : celui qui a une vivacité d’esprit supérieure comprend que ce qui est  bouddha depuis toujours est bouddha depuis toujours, puis il progresse à pas lents ou rapides, ce qui ne saurait toutefois être du ressort des êtres ordinaires.

 

Les êtres ordinaires qui entendent [ces enseignements] ont beau y réfléchir, ils ne croient pas à leur vérité ni à leur profondeur. Puisque les esprits ordinaires ont du mal à y ajouter foi et à les comprendre, et qu’ils ne savent pas qu’ils sont véridiques et profonds, ils les jugent à l’aune de leur propre expérience, pensent que tous les autres sont dans le même cas qu’eux, critiquent les êtres sublimes en disant qu’ils mentent et adoptent une attitude de rejet. Voilà pourquoi [ce véhicule] est secret au plus haut point et qu’il a été décrété « véhicule ultra secret ».

 

En conséquence, si un maître œuvre au bien des êtres à l’aide des véhicules inférieurs jusqu’à ce qu’ils comprennent que toutes choses sont bouddhas depuis toujours, pour ne pas aider ses disciples en pure perte, il devra être expert dans les défauts du samsâra, dans les qualités du nirvâna et dans tous les véhicules. S’il ignore certains points, il n’est pas digne d’être suivi : ce qui a été abondamment enseigné.

 

Les disciplines et les comportements particuliers varient eux aussi avec les vues. Les Indifférents et les matérialistes Extrémistes ne s’astreignent à aucune discipline. Ceux qui s’astreignent à une discipline sont quatre : les Chârvakas et d’autres adeptes non bouddhistes pour les ascèses mondaines, après quoi viennent les disciplines des auditeurs et des bodhisattvas, puis les disciplines suprêmes.

 

Il faut avoir compris l’ensemble des enseignements pour comprendre qu’il n’y a pas de différence entre samsara et nirvana. Nous avons besoin d’un maître pour nous éclairer sur le sens des mots et d’un disciple authentiquement concentré à l’apprentissage. Sans cela, les enseignements subtils n’ont pas d’intérêt et n’engendrent que confusion.

 

 

Dalaï lama – Nantes 2008

20 août 2008 – Enseignements du matin

Retranscription de mon carnet de notes, merci de citer la source www.uranie.net

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août 21

Commentaire de l’esprit d’Eveil – Nagarjuna

 

« En disant que les choses sont vides,

Je ne les taxe pas de néant,

Mais je ne dis pas non plus par là

Que la vacuité soit permanente.

 

Les activités produites en interdépendances

Selon douze facteurs qui vont de l’ignorance à la vieillesse,

Je les tiens pour des rêves et des illusion magiques »

 

Quand on dit que les choses sont dépourvues d’existence propre, cela ne signifie pas qu’elles soient le néant. L’absence de cette existence propre n’empêche en rien la relation de causalité. Selon la voie du milieu, c’est bien le sens des douze liens d’interdépendance.

Vue intérieure : ignorance > mort

Vue extérieure : Graine > fruit

 

Les phénomènes ne sont jamais indépendants et ce qui est interdépendant n’existe pas par lui-même. Si on comprend cela alors il devient clair qu’on ne peut exister qu’à travers la loi de causalité et la loi de causalité devient encore plus claire.

La notion de vacuité éclaire les liens de coproduction interdépendante.

 

 

Comment réaliser la véritable nature des choses ?

 

 


4 nobles vérités                                                      12 liens de causalité

           

                                   â                                                                               â

1ere vérité (début)

Reconnaissance de                        ßà                Ignorance                              La souffrance

 

            â                                                                               â

 

Mettre fin aux actes karmiques qui perpétuent la souffrance

 

            á                                                                               á

4eme vérité (fin)

                        Cessation de                                               ßà                Connaissance

la souffrance

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Stances de la Voie Médiane – Nagarjuna

Chapitre 26 – Examen des facteurs de production interdépendante

 

1.

Obscurci par l’ignorance, l’être accumule

Les trois types d’actions qui le mènent à renaître

Et qu’il compose manifestement

Avec son corps, sa parole et son esprit.

2.

La conscience conditionnée par les actes

Entrera dans les destinées.

La conscience une fois entrée [dans une destinée],

Se formeront le nom et la forme.

3.

Quand le nom et la forme se seront formés,

Surgiront six sources de perception,

Et c’est sur la base de ces six entrées

Que le contact apparaîtra vraiment.

4.

S’appuyant sur le nom et la forme

Et sur un acte d’attention, elle ne fait que naître :

La conscience naîtra donc à partir

Du nom et de la forme.

5.

Ce qu’est la rencontre de trois choses –

Le nom, la forme et la conscience –,

Cela est le contact. Et du contact

Naîtra la sensation.

6.

Conditionnée par la sensation, [vient] la soif,

Car la soif existe pour une sensation.

Avec la soif vient l’appropriation,

Laquelle présente quatre aspects.

7.

S’il y a appropriation, c’est le surgissement

De l’existence pour l’appropriateur.

S’il n’y avait pas d’appropriation, ce serait

La libération et l’existence n’aurait point lieu.

8.

L’existence, ce sont les cinq agrégats.

De l’existence procède la naissance,

Et de celle-ci le vieillissement et la mort, la misère

Et la souffrance qui s’accompagnent de lamentations, …

9.

De tristesse et de troubles :

Tout cela émane donc de la naissance.

Ce n’est ainsi qu’une masse

De souffrances qui jaillit.

10.

La racine du samsâra, ce sont les facteurs de composition,

Et de ce fait les sages ne produisent pas ces facteurs.

Les fous sont donc les agents

Et non les sages, car ceux-ci voient le réel.

11.

Une fois arrêtée l’ignorance,

Les composants ne surgiront plus.

Quant au futur arrêt de l’ignorance,

Il résulte de la sagesse et de la méditation sur le réel.

12.

L’arrêt d’un facteur empêche le suivant

De se manifester.

Cette unique masse de souffrances

S’arrête alors pour de bon.

 

 

Le concept des douze liens est essentiel dans tous les enseignements du Bouddha. C’est un élément central de réflexion.

Le dessin de la roue de l’existence représente l’ensemble du phénomène du samsara. Les causes sont au centre de la roue.

Le porc symbolise l’ignorance

Le coq symbolise le désir obsessif

Le serpent symbolise la haine

 

Ces 3 états mentaux sont les causes principales de la souffrance. Ils donnent naissance à tous les autres poisons mentaux. Dans la circonférence sont dessinés les douze facteurs d’interdépendance. Cette représentation des causes de la souffrance est dessinée sur tous les temples où se réunissent la Sangha.

 

« Obscurci par l’ignorance, l’être accumule

Les trois types d’actions qui le mènent à renaitre

Et qu’il compose manifestement

Avec son corps, sa parole et son esprit. »

 

Donc, il est clair que tous les êtres souhaitent obtenir le bonheur et faire cesser la souffrance. Hors, la souffrance continue d’arriver, c’est donc que nous continuons d’accumuler des causes de manière involontaire, c’est cela l’ignorance.

L’ignorance de la nature absolue de choses, l’ignorance fondamentale et l’ignorance des liens d’interdépendance.

 

Cela signifie s’engager par le corps, la parole et l’esprit dans des actes qui seront les causes de la souffrance, par méconnaissance et donc contre notre volonté qui souhaite notre bonheur. Pour mettre fin au samsara, il est indispensable de mettre fin à l’ignorance fondamentale, l’ignorance de l‘ainsité. La raison pour laquelle nous assumons les agrégats qui cumulent la souffrance, c’est parce que notre jugement est obscurci par l’ignorance.

 

Il faut considérer 2 vues de cela :

 

Les trois types d’actions peuvent être : physique, verbales et mentales

Ou encore : vertueux, néfastes ou neutres.

 

Toutes les actions entrainent le karma par les 12 liens de cause à effet. En raison de l’interdépendance, les phénomènes ne cessent de générer d’autres phénomènes, des changements, qui sont la manifestation de l’aspect subtil de l’impermanence qui se produit à chaque instant. L’impermanence est telle que tout ce qui se produit porte déjà en lui les facteurs de sa destruction.

D’un point de vue grossier, les choses naissent, demeurent et cessent

D’un point de vue subtil, l’instant même de leur naissance est la cause de leur mort.

 

Les attitudes mentales remédient ou produisent de la souffrance et défont ou produisent les mécanismes du samsara

 

Les actions non vertueuses sont celles qui correspondent à l’état inférieur du samsara. D’intenses souffrances perpétuent la succession des souffrances.

Les actes vertueux correspondent à l’état supérieur du samsara, soit disant heureux. Les actes vertueux lorsqu’ils sont accomplis dans le but de sensations agréables induisent le kamaloka, premier royaume du samsara.

 

L’équanimité correspond à la pratique du calme intérieur, le Samadhi, état qui consiste à demeurer dans un état stable d’équanimité. Il permet de traverser les quatre dyana, les quatre nivaux de souffrance du samsara.

 

En se qui concerne de comprendre en quoi s’applique le karma …. Qu’est ce que le karma ? J

 

Les éléments ne sont pas liés au karma. Le monde des phénomènes existe sans impliquer nécessairement la notion de karma.

Le feu brûle, l’eau humidifie, cela est de l’ordre de la nature des éléments mais n’implique pas de nature karmique. Il s‘agit plus de l’interaction de substances chimiques, bien sure liées aux lois de cause à effet.

 

Par contre, l’expérience que l’on fait de l’univers, cette expérience est le résultat de notre karma. Cette expérience peut être bonne ou mauvaise. Il est dit dans les écritures qu’il est extrêmement difficile d’appréhender tous les facteurs d’interdépendance du karma, que ces liens nous sont cachés.

 

Pourquoi une abeille se pose t’elle sur une fleur plutôt que sur une autre ?

 

La façon dont nous faisons l’expérience de l’univers est liée au karma. Il est lié au continuum de notre conscience et c’est ce qui fait qu’un même objet soit perçu de manière positive pour une personne et négative pour une autre, et cela est vrai aussi d’un moment à un autre.

Ceci est la conséquence des actes passés et reflète le processus du karma (cf ; Abhidharma inférieur et supérieur)

 

En se qui concerne le mécanisme de cause à effet, il y a deux mécanismes principaux :

 

Les conséquences immédiates : par exemple des paroles désagréables

Engendrent des causes à long terme : une emprunte désagréable qui se perpétue

 

De quelle manière ces conséquences se perpétuent elles ?

 

Du fait qu’une conséquence doit avoir une cause qui ‘a précédé, qu’est ce qui assure la continuité entre les instants ? Le fait que chaque instant se détruit, induit que cependant, quelque chose se perpétue.

 

Lorsqu’un instant se défait, sa destruction même constitue une sorte de cause pour que l’instant suivant apparaisse. Il n’y aurait donc ainsi pas de rupture dans l’enchainement des instants, créant une sorte de continuum qui est le support de l’empreinte karmique.

Les empreintes peuvent rester latentes pendant plusieurs vies et se réaliser dans la prochaine. Elles peuvent se compléter en un minimum de 2 existences.

Les 6 sources de perception sont accompagnées de 54 états mentaux dont 3 principaux :

·        Sensation

·        Intention

·        Cognition

 

C’est grâce à la faculté de perception qu’il est possible d’avoir un contact avec l’expérience et avec l’objet. Il y a un vaste répertoire d’évènements mentaux dans le bouddhisme mais aussi dans les études non bouddhistes contemporaines.

 

Quelle est la différence entre soif et appropriation ?

La soif est une attirance vers ce qui est agréable et une répulsion de ce qui ne l’est pas. L’appropriation est un désir de s’approprier activement l’objet du désir. Dés que cela  eu lieu, cela va engendrer à nouveau la soif et engendrer à nouveau la naissance. Les êtres suprêmes se basent sur la diminution des désirs pour ne pas être pris dans la soif et l’appropriation.

 

Comment va se développer le samsara ? Comment inverser les 12 facteurs d’interdépendance pour mettre fin au samsara ?

C’est l’ignorance de l’ainsité qui est la cause du samsara. Si l’ignorance fondamentale est dissipée, les 12 liens seront brisés. Pour résumer, si on est ignorant de la nature absolue du réel, on sombre dans la souffrance et si on appréhende la réalité telle qu’elle est on est libéré de la souffrance.

 

 

Nantes – 18 août 2008 – Enseignements du Dalai Lama

Les enseignements du matin

Retranscription de mon carnet de notes – Merci de citer la source : www.uranie.net

 

 

 

 

 

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août 19

17 août 2008

Carnet de notes

 

Les trams se suivent et se ressemblent, ils sont tous bondés …

Un type quémande sa clope du matin, il tangue dangereusement. Visiblement il est déchiré, ailleurs. Il me bouscule sans me voir, le regard vide … c’est un petit matin chagrin pour lui on dirait.

Il décide de la fumer sur place et se met à parler avec un couple tout de blanc vêtu. Le bouddhizme ? … Z’est quoi ? …

 

Enseignements du matin

Commentaire de l’esprit d’éveil – Nagarjuna

 

Au cours de l’histoire, les textes ont d’abord été traduits en chinois, puis en tibétain et ensuite en coréen et en japonais. Ce matin, pour débuter la séance, le soutra du cœur que nous venons d’écouter nous a donc été donné en chinois.

 

Le bouddhisme insiste sur la compassion comme base de la non violence. Ceci est commun à beaucoup de sagesses. Nous insistons aussi sur l’interdépendance et nous voyons aujourd’hui combien ceci est important à travers les conditions environnementales qui conditionnent l’avenir des six milliards d’êtres humains qui peuplent la terre.

 

La compréhension de l’interdépendance nous amène à considérer qu’un évènement n’est jamais tout à fait bon ou mauvais. Un évènement survient toujours à la suite d’innombrables autres. La colère par exemple, lorsqu’elle survient, désigne un évènement comme cible unique de notre colère. Il est central de comprendre et d’examiner les évènements qui ont contribués à l’objet de cette colère. Cela permettra de la dénouer plus rapidement et plus facilement. Les enseignements du Bouddha constituent donc une aide précieuse dans notre vie quotidienne.

 

« Libre de la dualité du sujet et de l’objet

Liée aux agrégats, aux domaines et aux sources de perceptions,

Eux-mêmes dénués de toute existence réelle,

Les choses n’ont pas de soi et de ce fait sont égales. »

 

L’ensemble de ce soutra vise à nous faire comprendre la nature ultime de l’esprit. Ce texte nous introduit à la conscience éveillée, cependant, l’essentiel n’est pas orienté vers le sujet qui fait l’expérience, mais vers l’objet. Ce tantra appartient à la catégorie des tantras sacrés.

 

Quelle est la progression de l’enseignement dans ce texte ?

 

D’un point de vue absolu, celui qui s’adresse à ceux qui ont une capacité de compréhension subtile des choses, nous parlons de la nature de la vacuité de l’ensemble des phénomènes.

L’incompréhension est à la base de la souffrance. Les voiles qui obscurcissent cette incompréhension peuvent être levés par la compréhension de la vacuité. Le désir d’échapper à la souffrance ne naît que si l’on sait qu’il est possible de lever ces voiles et de se libérer ainsi de la souffrance. La compréhension de la vérité de la vacuité entraîne le désir de « bodhicitta », de l’esprit d’éveil.

La seconde méthode, celle qui s’adresse aux esprits plus simples, plus grossiers, consiste à commencer par comprendre la souffrance, la possibilité de libération de la souffrance, puis la compassion et enfin la vacuité.

 

Hier, nous avons eu la question « Comment passer de l’ignorance à la connaissance ? ». Ce qui vient d’être dit est un élément de réponse.

 

Je vais maintenant développer cette notion.

 

Dans les 4 versets d’Aryadeva, principal disciple de Nagarjuna, il parle des possibilités de se libérer de l’ignorance. Tout d’abord, le sens de cette libération de la souffrance nous est caché, mais cela peut être dévoilé.

Le nirvana dit « naturel » est basé sur l’idée que la nature profonde, la luminosité fondamentale de l’esprit montre que la nature véritable des choses est masquée par des voiles qui n’ont pas de substance véritable. On parle d’une base fondamentale, une continuité lumineuse d’où surgit les apparences. Le « dhammakaya », le corps de la doctrine, est un état dans lequel toutes fabrications sont dissipées, les apparences, le soi, … Pourquoi le nirvana naturel est il masqué ? Parce que nous avons une vision altérée de la réalité, nous commettons des erreurs dans notre appréciation des choses.

 

Les erreurs n’ont aucun moyen de résister à la connaissance. A mesure que l’on commence à comprendre que les phénomènes sont dénués de substance propre, cela constitue un antidote fondamental pour vaincre l’ignorance. Un antidote est un élément incompatible avec ce à quoi il s’oppose. Il y a un sentiment de malaise propre à une envie de sortir de l’ignorance. Mais cela ne suffit pas, nous devons aussi développer l’entraînement de notre réflexion pour progresser dans notre compréhension de la nature des choses.

 

Une des caractéristiques de la sagesse est aussi que, au plus on se tourne vers la connaissance, au moins l’ignorance a la capacité de durer, dissipant ainsi les « klesas », ce qui fait souffrir, les afflictions mentales.

 

Il y a 2 types d’ignorance.

 

  • Ne pas savoir : Il suffit pour dissiper cette ignorance que quelqu’un vous dise les choses. Ceci est simple.
  • Avoir une perception erronée des choses : par exemple, ce que je vois, les fleurs devant moi, semblent être vraies, mais le sont elles vraiment ? Pour dissiper cette erreur, je dois me livrer à un examen précis et détaillé de ces fleurs.

 

Les facteurs de klesas

 

  • La vue, la perception erronée : la vue pénétrante est un moyen d’y remédier
  • Les émotions affectives : par exemple, quand le pense « moi », cela fait si longtemps que je vis avec cette idée que cela me semble réel. Il faudra que je me livre à une analyse très poussée pour comprendre que le moi est une désignation. Il ne suffira pas de la dire, je devrai l’intégrer par la réflexion.

 

Les agrégats du corps et de la conscience sont éphémères car ils sont nés de facteurs karmiques. A la racine des agrégats qui activent la souffrance, il y a les klesas, c’est-à-dire les émotions perturbatrices, destructrices.

 

« Notre esprit n’est donc jamais né :

Telle est la nature de la vacuité »

 

En ayant un cheminement du matérialisme vers le philosophique,

  • Réfuter la nature intrinsèque des phénomènes et des agrégats
  • Réfuter la dualité des phénomènes
  • Réfuter que les instants de conscience sont dotés d’une existence véritable
  • Réfuter une existence autonome des évènements extérieurs

Amène à comprendre que

  • Les choses n’ont pas de soi et de ce fait sont égales
  • Tous les phénomènes quels qu’ils soient sont dénués d’existence propre.

 

« Pour les bouddhas, l’esprit d’éveil

N’est pas obscurci par les pensées

Intellectuelles comme le soi et les agrégats,

Et toujours il a pour caractère la vacuité »

 

L’esprit d’éveil fit référence à l’ultime, à l’absolu. Celui qui a à voir avec la réalisation fondamentale et lumineuse, il ne peut pas être obscurci par aucune vue erronée.

La vacuité fondamentale n’est pas fabriquée, elle réside en toute chose.

 

« Il faut, l’esprit imprégné de compassion,

Méditer avec diligence sur cet esprit d’Eveil

Les compatissants bouddhas

Méditent constamment dessus. »

 

La méditation sur l’esprit d’éveil  est essentielle car la seule compréhension intellectuelle de la vacuité, sans expérimentation, ne suffit pas à dissiper le voile de l’ignorance. Il fut « réaliser » la vacuité car cela induit le développement de la compassion.

 

« Si on analyse logiquement ce soi

Imaginé par les non-bouddhistes,

On ne le trouve, si tant est qu’il pût s’y loger

Dans aucun des agrégats. »

 

Ici commence la réfutation des vues non bouddhistes

 

« Ce monde dénué de soi

S’écroule quand l’intelligence comprend

Les agrégats, les domaines et les sources

Ainsi que les concepts de sujet et d’objet »

 

Le résultat de la croyance au soi crée un attachement extrêmement puissant et engendre le désir de ce qui semble favorable au moi et le rejet de ce qui lui serait néfaste. L’instinct de soi en tant que « je », comme sujet de l’expérience n’a rien de néfaste. Ce qui importe, c’est de ne pas le réifier au niveau d’une existence réelle, propre et autonome.

 

« Ceux qui veulent faire le bien des autres

Ont enseigné aux Auditeurs l’existence

Des cinq agrégats : forme, sensations,

Représentations, facteurs de composition et conscience. »

 

Ceci se réfère à certains aspects de la philosophie bouddhiste. Les deux premières écoles s’attachent à réfuter la notion d’un moi indépendant, associé aux agrégats du corps, d’un « atman ». Par exemple, le souvenir d’existences passées conduit à croire, à postuler, l’existence d’un moi. Ceci est une idéologie surimposée à la réalité. Soit on l’attache au corps, soit le dit séparé. Il s’agit de voir le moi que comme une désignation, sans existence réelle et continue.

 

La dissipation du moi dissipe la notion du mien.

On pourrait dire que l’attachement au mien est la TVA, la taxe sur la valeur ajoutée de l’attachement au moi. Si par exemple, je vois une belle montre tomber par terre et se casser chez le bijoutier, je dis « c’est dommage ». Par contre, si c’est « ma » montre, celle que je viens d’acheter, je vais avoir une crise cardiaque ! J

 

« Mais à l’attention des bodhisattvas,

Le meilleur des Hommes a toujours enseigné,

Les cinq agrégats comme suit :

Les formes sont comparables à l’écume sur la mer,

 

Les sensations aux bulles à la surface de l’eau,

Les représentations aux mirages

Les compositions aux bananiers

Et les consciences aux illusions magiques. »

 

Se libérer de l’identité des phénomènes. Pour diminuer l’attachement, on agit sur la dissipation du moi et du mien, mais cela ne suffit pas pour diminuer l’attachement aux choses si nous les croyons permanentes. Ce qui change perpétuellement ne peut être pourvu d’une existence autonome et permanente.

 

« Les agrégats, les domaines et les sources ont été enseignés

Pour arrêter la croyance au soi [selon l’esprit seulement].

Quant au point de vue des adeptes de l’esprit-seulement,

Ceux dont la fortune est grande l’abandonnent aussi. »

 

Voir les phénomènes sans existence propre, comme une perception de l’esprit, entraîne une diminution de l’attachement au soi et aux choses. Cependant, si un aspect ultime de la conscience existe de manière ultime, alors les perceptions de cette conscience seraient durables. Les perceptions intuitives s’inscrivent dans la conscience, mais il faut se débarrasser aussi de la croyance à une conscience à l’existence absolue pour se libérer de la souffrance.

 

Là, j’y panne plus rien …. 12h10, je sors affamée :p

Je croise le « type de ce matin », installé sur la pelouse, toujours ralenti apparemment, mais en grande conversation avec un moine. Synchronicité ;)

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