avr 27


see you

Présentée au salon du meuble de milan, cette pierre tombale « SEEYOU » est née d’une idée :   »peu importe comment et où nous choisissons de reposer, dans tous les cas, le design peut apporter un bénéfice à tous, morts ou vivants »

La mort reste un sujet taboo, surtout dans les sociétés développées. En refoulant la mort, les vivants se privent de la possibilité de mieux se préparer à leur propre mortalité.
La mort est un de ces sujets que les gens n’aiment pas aborder, même si finalement, il viendra à nous tôt ou tard.  les pierres tombales n’ont pas beaucoup changé au cours des derniers siècles. Il est temps d’apporter un peu de mouvement pour secouer l’architecture et le design de la mort.
Il fut un temps où la mort était un beau sujet de travail pour les architectes. Il a engendré les tombes et les pyramides d’Egypte, le Taj Mahal et nombre d’autres magnifiques structures. Les grandes réalisations de l’architecture moderne et du design ont donné des formes étonnantes à notre hurbanisme, cependant, ces qualités semblent d’être tenues à l’écart des objets et des lieux d’enterrement. Les vivants veulent de nouvelles maisons, de nouveaux espaces, de nouveaux meubles, de nouveaux objets de désire, il ne veulent pas se préoccuper de la mort…

SEEYOU
Les phénomènes et les forces de la nature sont invités à participer à une intéraction créative. L’aspect de l’objet change au fil des saisons et du temps. l’eau reflète le monde extérieur, la mousse lui donne une belle apparence, même si personne n’entretient la pierre tombale.

see you

see you


Le monde est comme ça …


Lorsque je regarde la surface de l’eau je peux voir le ciel. Je vois les nuages qui passent, et je vois le vent qui souffle dans les arbres, je vois les oiseaux, le soleil, la lune, les étoiles. Lorsque je regarde la surface de l’eau, je peux te voir dedans, te tenant là, me faisant face … et je songe. Quand je regarde la surface de l’eau, je peux voir que tu n’es pas là.
Quand je regarde à la surface de l’eau je peux voir le monde. Je vois peut être ce monde, mais différent, je le vois peut être de la même façon, c’est seulement un autre monde. Quand je me penche plus près pour mieux voir … c’est moi que j’aperçois.

 

Reflets et mémoire 


Formant un cercle autour de la tombe, regardant la pierre tombale, c’est l’ancêtre qui rassemble la famille. Le père peut reconnaitre son grand père regardant son fils. Les descendants peuvent voir leurs ancêtres en eux même. Lorsque qu’ils se penchent plus près sur la surface de l’eau, ils peuvent se voir eux-même.



see you

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La croix

Le symbole de la croix a été utilisé de manière religieuse ou non, des millénaires avant l’ère chrétienne, pour identifier et marquer un emplacement important, lié à une croyance ou à un culte. nous avons voulu créer une objet universel, reflet de la culture européenne dans laquelle nous vivons.
la croix est donc à la fois un signe du Christ lui-même et un emblème universel de la foi. La croix est aussi interprétée comme une forme humaine. Cet élément bien connu a été adapté pour servir le message profond de cet objet. A la recherche d’une interprétation contemporaine de sens traditionnel et des valeurs ancestrales, nous avons créé une nouvelle représentation de la croix.

Matière : Le béton


Créer un objet, un bâtiment, une structure, cela signifie créer de l’espace. l’espace doit être agréable à l’homme et bien intégré dans on environnement car la terre participe à tout. on doit accorder beaucoup d’importance aux matériaux et à leur utilisation. Par son usage industriel,  son poids et sa durabilité, le béton véhicule l’idée d’une force passive par sa résistance à des forces extérieures comme un parfait complément de la force active, l’énergie de la vie de chaque être vivant. Des énergies opposés réunies dans un but ultime, une harmonieuse rencontre.


Technologie : Le liquide en mouvement


La robustesse du béton est accompagnée d’une force active  qui exprime les états contradictoires de fluidité et de dureté de cette matière. Les projets construits en béton sont antistatiques et peuvent être définis comme un fluide en mouvement.  les caractéristiques plastiques du béton de liquide à solide permettent la production de formes complexes. contrairement aux matériaux solides comme les dalles, qui peuvent s’évérer dificiles à travailler en formes complexes, le béton a une fonction sculpturale. en coulant le mélange dans un moule, la forme négative de la pierre tombale, il peut prendre sa forme sans produire de déchets.


see you

Le béton n’a pas que la réputation de sa durabilité. Son caractère polyvalent en fait un parfait moyen d’expression créative, à l’avant garde des matières premières tant pour son apparence que pour sa souplesse d’utilisation. Au delà de son aspect massif, ce matériau prend tout à coup de la fuidité, du style et du panache.

see you

Les formes de berceau creusées dans la roche permettant d’y allonger le défunt sur le côté sont le plus ancien rituel connu de l’homme. Il ya entre 20 000 et 75 000 ans que les néandertaliens ont commencé à enterrer leurs morts. De nombreux vestiges témoignent de ce rituel qui jouait un rôle important dans la vie quotidienne.

« En créant Seeyou, nous sommes retournés au berceau de la tradition »

sources : http://seeyouproject.wordpress.com/seeyou/




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nov 08

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oct 25
 
taoJ’ai envie de partager avec vous un extrait choisi d’un texte de François CHENG – « De la Beauté »
 

La culture chinoise, par sa durée, a véhiculé beaucoup d’avatars et de choses sclérosées qu’il ne faut pas hésiter à laisser tomber. Sa meilleure part réside en une certaine conception et une certaine pratique de la vie, et par là une certaine expérience de la beauté. Cette part là, aucun Chinois n’est prêt à l’abandonner, qu’il reste confucéen ou taoïste, qu’il devienne bouddhiste, musulman, chrétien ou même marxiste. Il vaut la peine de s’y pencher un peu.

La cosmologie est fondée sur l’idée du Souffle, à la fois matière et esprit. A partir de cette idée du Souffle, les premiers penseurs chinois ont avancé une conception unitaire et organique de l’univers vivant où tout se relie et se tient. Le Souffle primordial assure justement l’unité de base et qui, dans le même temps, continue à animer tous les êtres, les reliant en un gigantesque réseau d’entrecroisements et d’engendrement appelé le Tao, la Voie. Au sein de la Voie, la nature du Souffle et son rythme sont ternaires, en ce sens que le Souffle primordial se divise en trois types de souffles qui agissent concomitamment : le souffle yin, le souffle yang et le souffle du Vide médian. Entre le yang, puissance active, et le yin, douceur réceptive, le souffle du Vide médian – qui tire son pouvoir du Vide originel – a le don de les entraîner dans l’interaction positive, cela en vue d’une transformation mutuelle, bénéfique pour l’un et pour l’autre. Dans cette optique, ce qui se passe entre les entités vivantes est aussi important que les entités mêmes. Et le Vide, quand il permet la circulation des souffles est un espace positif. Tous les vivants sont habités par ces souffles ; chacun est cependant marqué par un pôle plus déterminant du yin ou du yang. Pour ne citer que les plus grandes entités formant couples, nous avons ainsi le Ciel yang et la Terre yin, le soleil yang et la lune yin, la montagne yang et l’eau yin, l’homme yang et la femme yin.

En correspondance avec cette vision taoïste, la pensée confucéenne est, elle aussi, ternaire. On connaît la triade confucéenne : le Ciel, la Terre, l’Homme. Entre l’homme et la terre, il y a le ciel. Entre le ciel et la terre, l’homme est un chaînon qui doit intérioriser la dimension du Vide médian, pour que la Voie du Ciel et celle de la Terre puisse y opérer pleinement leur interaction.

Cette conception cosmologique fondée sur le Souffle entraîne notamment les trois conséquences suivantes concernant la manière d’appréhender le mouvement de la vie.

1. A cause de la nature dynamique du Tao, et surtout de l’action du Souffle qui assure, depuis l’origine, et de façon continue, ce processus qui va du non-être vers l’être (en chinois, du wu « il n’y a pas » vers you « il y a »), le mouvement de la vie et notre participation à ce mouvement sont toujours ressentis comme un permanent et mutuel jaillissement, cela comme au commencement. Autrement dit, le mouvement de la vie est perçu, à chaque instant, plutôt comme un avènement ou un « rebondissement » qu’une plate répétition du même.

2. Le mouvement de la vie est pris dans un réseau de constants échanges et d’entrecroisements. On peut parler là d’une interaction généralisée. Chaque vie est reliée, même à son insu, aux autres vies ; et chaque vie, en tant que microcosme, est reliée au macrocosme dont la marche n’est autre que le Tao.

3. Au sein de la marche du Tao qui est tout sauf une répétition du même, l’interaction a pour effet la transformation. Plus exactement, comme nous l’avons dit tout à l’heure, le yin et le yang entrent en interaction grâce au Souffle du Vide médian, lequel, drainant la meilleure part des deux, les entraîne dans la transformation bénéfique pour l’un et pour l’autre. Seul, on ne transforme pas.

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