mai 09

Peu importe nos croyances ou nos idées politiques, le système mis en place dans notre monde libre repose sur l’approbation tacite d’une sorte de contrat passé avec chacun d’entre nous, dont voici dans les grandes lignes le contenu:
 

1) J’accepte la compétition comme base de notre système, même si j’ai conscience que ce fonctionnement engendre frustration et colère pour l’immense majorité des perdants.

2) J’accepte d’être humilié ou exploité à condition qu’on me permette à mon tour d’humilier ou d’exploiter quelqu’un occupant une place inférieure dans la pyramide sociale.

3) J’accepte l’exclusion sociale des marginaux, des inadaptés et des faibles car je considère que la prise en charge de la société a ses limites.

4) J’accepte de rémunérer les banques pour qu’elles investissent mes salaires à leur convenance, et qu’elles ne me reversent aucun dividende de leurs gigantesques profits (qui serviront a dévaliser les pays pauvres, ce que j’accepte implicitement). J’accepte aussi qu’elle prélèvent une forte commission pour me prêter de l’argent qui n’est autre que celui des autres clients.

5) J’accepte que l’on congèle et que l’on jette des tonnes de nourriture pour ne pas que les cours s’écroulent, plutôt que de les offrir aux nécessiteux et permettre à quelques centaines de milliers de personnes de ne pas mourir de faim chaque année.

6) J’accepte qu’il soit interdit de mettre fin à ses jours rapidement, en revanche je tolère qu’on le fasse lentement en ingérant ou en inhalant des substances toxiques autorisées par les états.

7) J’accepte que l’on fasse la guerre pour faire régner la paix.
J’accepte qu’au nom de la paix, la première dépense des états soit le budget de la défense. J’accepte donc que des conflits soient créés artificiellement pour écouler les stocks d’armes et faire tourner l’économie mondiale.

8) J’accepte l’hégémonie du pétrole dans notre économie, bien qu’il s’agisse d’une énergie coûteuse et polluante, et je suis d’accord pour empêcher toute tentative de substitution s’il s’avérait que l’on découvre un moyen gratuit et illimité de produire de l’énergie, ce qui serait notre perte.

9) J’accepte que l’on condamne le meurtre de son prochain, sauf si les états décrètent qu’il s’agit d’un ennemi et nous encouragent à le tuer.
 

10) J’accepte que l’on divise l’opinion publique en créant des partis de droite et de gauche qui passeront leur temps à se combattre en me donnant l’impression de faire avancer le système. j’accepte d’ailleurs toutes sortes de divisions possibles, pourvu qu’elles me permettent de focaliser ma colère vers les ennemis désignés dont on agitera le portrait devant mes yeux.

11) J’accepte que le pouvoir de façonner l’opinion publique, jadis détenu par les religions, soit aujourd’hui aux mains d’affairistes non élus démocratiquement et totalement libres de contrôler les états, car je suis convaincu du bon usage qu’ils en feront.

12) J’accepte l’idée que le bonheur se résume au confort, à l’amour, au sexe, et la liberté d’assouvissement de tous les désirs, car c’est ce que la publicité me rabâche toute la journée. Plus je serai malheureux et plus je consommerai: je remplirai mon rôle en contribuant au bon fonctionnement de notre économie.

13) J’accepte que la valeur d’une personne se mesure à la taille de son compte bancaire, qu’on apprécie son utilité en fonction de sa productivité plutôt que de sa qualité, et qu’on l’exclue du système si elle n’est plus assez productive.

14) J’accepte que l’on paie grassement les joueurs de football ou des acteurs, et beaucoup moins les professeurs et les médecins chargés de l’éducation et de la santé des générations futures.

15) J’accepte que l’on mette au banc de la société les personnes agées dont l’expérience pourrait nous être utile, car étant la civilisation la plus évoluée de la planète (et sans doute de l’univers) nous savons que l’expérience ne se partage ni ne se transmet.
 

16) J’accepte que l’on me présente des nouvelles négatives et terrifiantes du monde tous les jours, pour que je puisse apprécier a quel point notre situation est normale et combien j’ai de la chance de vivre en occident. Je sais qu’entretenir la peur dans nos esprits ne peut être que bénéfique pour nous.

17) J’accepte que les industriels, militaires et politiciens se réunissent régulièrement pour prendre sans nous concerter des décisions qui engagent l’avenir de la vie et de la planète.

18) J’accepte de consommer de la viande bovine traitée aux hormones sans qu’on me le signale explicitement. J’accepte que la culture des OGM se répande dans le monde entier, permettant ainsi aux trusts de l’agroalimentaire de breveter le vivant, d’engranger des dividendes conséquents et de tenir sous leur joug l’agriculture mondiale.

19) J’accepte que les banques internationales prêtent de l’argent aux pays souhaitant s’armer et se battre, et de choisir ainsi ceux qui feront la guerre et ceux qui ne la feront pas. Je suis conscient qu’il vaut mieux financer les deux bords afin d’être sûr de gagner de l’argent, et faire durer les conflits le plus longtemps possible afin de pouvoir totalement piller leurs ressources s’ils ne peuvent pas rembourser les emprunts.

20) J’accepte que les multinationales s’abstiennent d’appliquer les progrès sociaux de l’occident dans les pays défavorisés. Considérant que c’est déjà une embellie de les faire travailler, je préfère qu’on utilise les lois en vigueur dans ces pays permettant de faire travailler des enfants dans des conditions inhumaines et précaires. Au nom des droits de l’homme et du citoyen, nous n’avons pas le droit de faire de l’ingérence.

21) J’accepte que les hommes politiques puissent être d’une honneteté douteuse et parfois même corrompus. Je pense d’ailleurs que c’est normal au vu des fortes pressions qu’ils subissent. Pour la majorité par contre, la tolérance zéro doit être de mise.
 

22) J’accepte que les laboratoires pharmaceutiques et les industriels de l’agroalimentaire vendent dans les pays défavorisés des produits périmés ou utilisent des substances cancérigènes interdites en occident.

23) J’accepte que le reste de la planète, c’est-à-dire quatre milliards d’individus, puisse penser différemment à condition qu’il ne vienne pas exprimer ses croyances chez nous, et encore moins de tenter d’expliquer notre Histoire avec ses notions philosophiques primitives.

24) J’accepte l’idée qu’il n’existe que deux possibilités dans la nature, à savoir chasser ou être chassé. Et si nous sommes doués d’une conscience et d’un langage, ce n’est certainement pas pour échapper à cette dualité, mais pour justifier pourquoi nous agissons de la sorte.

25) J’accepte de considérer notre passé comme une suite ininterrompue de conflits, de conspirations politiques et de volontés hégémoniques, mais je sais qu’aujourd’hui tout ceci n’existe plus car nous sommes au summum de notre évolution, et que les seules règles régissant notre monde sont la recherche du bonheur et de la liberté de tous les peuples, comme nous l’entendons sans cesse dans nos discours politiques.

26) J’accepte sans discuter et je considère comme vérités toutes les théories proposées pour l’explication du mystère de nos origines. Et j’accepte que la nature ait pu mettre des millions d’années pour créer un être humain dont le seul passe-temps soit la destruction de sa propre espèce en quelques instants.
 

27) J’accepte la recherche du profit comme but suprême de l’Humanité, et l’accumulation des richesses comme l’accomplissement de la vie humaine.

28) J’accepte la destruction des forêts, la quasi-disparition des poissons de rivières et de nos océans. J’accepte l’augmentation de la pollution industrielle et la dispersion de poisons chimiques et d’éléments radioactifs dans la nature. J’accepte l’utilisation de toutes sortes d’additifs chimiques dans mon alimentation, car je suis convaincu que si on les y met, c’est qu’ils sont utiles et sans danger.

29) J’accepte la guerre économique sévissant sur la planète, même si je sens qu’elle nous mène vers une catastrophe sans précédent.

30) j’accepte cette situation, et j’admets que je ne peux rien faire pour la changer ou l’améliorer.

31) J’accepte d’être traité comme du bétail, car tout compte fait, je pense que je ne vaux pas mieux.

32) J’accepte de ne poser aucune question, de fermer les yeux sur tout ceci, et de ne formuler aucune véritable opposition car je suis bien trop occupé par ma vie et mes soucis. J’accepte même de défendre à la mort ce contrat si vous me le demandez.

33) J’accepte donc, en mon âme et conscience et définitivement, cette triste matrice que vous placez devant mes yeux pour m’empêcher de voir la réalité des choses. Je sais que vous agissez pour mon bien et pour celui de tous, et je vous en remercie.
 

Si vous êtes contre, vous pouvez toujours mettre en oeuvre les ressources de l’amitié et de l’amour, de la fraternité et de la responsabilité partagée, réfléchir, concevoir, oser et tisser, comme le permet l’Internet… tout retard rapproche du néant.

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avr 21

Sommaire

Introduction à l’édition révisée
Avant-propos
Préface

Première partie : La Vie
1. Le miroir de la mort
2. L’impermanence
3. Réflexion et changement
4. La nature de l’esprit
5. Ramener l’esprit en lui même
6. Evolution, karma et renaissance
7. Bardos et autres réalités
8. Le bardo naturel de cette vie
9. Le chemin spirituel
10. L’essence la plus secrète

Deuxième partie : Mourir
11. Conseils du coeur sur l’aide aux mourants
12. La compassion : joyau qui exauce tous les souhaits
13. L’aide spirituelle aux mourants
14. Pratiques pour le moment de la mort
15. Le processus de la mort

Troisième partie : Mort et renaissance
16. La base
17. Le rayonnement intrinsèque
18. Le bardo du devenir
19. Aider après la mort
20. L’expérience de proximité de la mort : un escalier qui mène au ciel ?

Quatrième partie : Conclusion
21. Le processus universel
22. Serviteur de la paix

Annexes
I Mes maîtres
II Questions relatives à la mort
III Deux témoignanges
IV Deux mantras

Notes
Bibliographie
Remerciements
A propos de l’auteur
Rigpa
Index



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sept 01

 

Commentaire de l’esprit d’éveil – Nagarjuna

 

69

La vérité relative émane du karma et des émotions négatives,

Et le karma émane de l’esprit.

Or l’esprit est accumulation de schémas habituels :

La félicité vient avec la fin des schémas habituels.

70.

La félicité de l’esprit est la paix elle-même

Et l’esprit en paix ne tombe pas dans l’ignorance.

L’absence d’ignorance est la réalisation du réel

Et la réalisation du réel apporte la libération.

71.

Il est expliqué que l’Ainsité,

La réalité ultime, le sans-caractéristiques,

La vérité absolue et le suprême

Esprit d’Éveil sont la vacuité.

72.

Ceux qui ne connaissent pas la vacuité

Ne peuvent pas atteindre la libération.

Ignorants, ils tournent en rond,

Prisonniers de l’existence, dans les six destinées.

 

La vacuité s’aborde par 2 voies :

  • La compréhension
  • La réalisation par la méditation

 

La pratique, en réalisant la vacuité va agir contre les klesas, mais sans la compréhension de la vacuité, il n’y a pas  de moyen de se libérer des souffrances.

 

Le bouddhisme parle des 3 joyaux qui sont les 3 objets de refuge :

  • Le dharma
  • Le Bouddha
  • La Sangha (Les compagnons de voyage)

 

Chaque tradition a ses propres objets de refuge et ici, l’aspect particulier est que nous revenons notre propre refuge car, au-delà de la foi il y a reconnaissance des (illisible) de ce refuge, ce qui permet d’aller au-delà de la souffrance. Pour atteindre ce refuge ultime, il faut mettre en œuvre la sagesse et la connaissance. Pour atteindre l’Eveil, il faut avoir une existence relativement heureuse, celle des royaumes supérieurs du samsara. La racine qui permet d’atteindre les destinées heureuses du samsara est la connaissance qui donne la sagesse.

En ce qui concerne la foi, la confiance que nous plaçons dans le guide, elle est commune à tous les véhicules. Dans le cas du refuge du bouddhisme, celui-ci exige que l’on pratique les 10 actes vertueux en évitant les comportements négatifs.

Deux attitudes permettent d’éviter de perpétuer ces actes négatifs.

Pour les Bodhisattvas il s’agit de s’abstenir en raison des conséquences néfastes pour les autres.

Pour les auditeurs et les bouddhas par eux même, ce sera par peur d’en souffrir soi même, ici ou plus tard.

Dans le second cas, d’où procèdent les actes négatifs ? Notre attachement à la permanence des choses et à soi même. Nous cherchons notre propre confort en nous disant que « c’est comme cela ». L’antidote consiste à ne pas prendre pour ce qui est ce qui n’est pas. Il s’agit des « vues fausses »

Prendre pour permanent ce qui est impermanent

Prendre pour félicité et bonheur ce qui est souffrance

Prendre pour moi ce qui est rien

 

Dans les 400 quatrains d’Aryadeva, on doit se débarrasser de toutes les vues conceptuelles. Abandonner les actes non vertueux. Abandonner la croyance au soi par la méditation. Finalement, il s’agit de réaliser la vacuité, réaliser l’ensemble du chemin du bouddhisme.

 

Ce qu’on appelle le nirvana est « au-delà de la souffrance »

La première étape de l’abandon des actes non vertueux est d’éviter de nuire aux autres, cela permet d’échapper aux royaumes inférieurs.

Ecarter les klesas permettra d’échapper au samsara

Réaliser la vacuité entrainera la diminution des tendances aux klesas

 

73.

Il ne fait aucun doute

Que le yogi qui aura médité

Ainsi sur la vacuité œuvrera

Passionnément au bien des autres.

 

Les étapes qui mènent à cette œuvre active pour le bien des autres sont :

  • La conscience de la libération

            Prise de conscience, la conviction, qu’il est possible de se libérer de la souffrance. Si on accepte sans réaliser par la compréhension, la motivation sera beaucoup plus faible.

  • Se libérer

            Cette prise de conscience va permettre de se libérer

  • Libérer les autres

            Moi, ok, mais les autres ? Ceux qui ne savent pas. Constater les souffrances et avoir la conviction qu’ils peuvent eux aussi se libérer engendre une profonde compassion.

 

Donc, le fondement d’une puissante compassion procède de la conviction qu’il est possible de se libérer. Sans cela on dira « quelle misère … », « que peut-on y faire …. »

C’est comme voir quelqu’un en train de se noyer et voir qu’il il a au loin une ile, une ile qu’il ne peut pas voir de là ou il est. On va souhaiter qu’il nage dans la bonne direction, on va se demander comment l’aider.

Si on ne voit pas l’ile, on aura de la pitié et de la résignation, mais on ne pourra vraiment rien faire pour aider l’autre.

 

Les étapes de l’Esprit d’Eveil, de la bodhicitta s’enclenchent donc ainsi :

Se libérer de la souffrance

Libérer les autres de la souffrance

Les protéger de la souffrance et de ses causes

Il s’agit ici de s’engager dans la protection des autres. Le but d’atteindre l’Eveil est s’quérir la sagesse, la connaissance nécessaire à la protection des autres.

La bodhicitta a donc 2 directions, les autres et la connaissance, la sagesse.

Ce sont les deux facettes de la compassion.

Se débarrasser de la souffrance de tous les êtres

Acquérir la connaissance des mécanismes des la souffrance

Le Bouddha a dit « les souffrances doivent être reconnues »

Quand c’est moi qui souffre, je n’ai pas besoin qu’on me l’explique ! Il fait ici référence à la souffrance qui ne se voit pas. La souffrance du changement, celui qui résulte de l’accumulation des conséquences karmiques, des klesas. C’est là qu’intervient l’importance de se défaire de l’attachement au soi.

 

Toutes les grandes traditions religieuses du monde montrent l’importance qu’il faut attacher à la compréhension de la tolérance, du pardon et de la compassion. Il y a des différences de méthodes et de raisonnements, mais elles ont toutes le même objet.

 

Les religions théistes étendent leur amour à tous les êtres animés, en tant que créations de dieu. Le fait de se voir soi même comme création de Dieu constitue un lien très fort avec les autres et dans cette vie même. Le non recours à la réincarnation constitue une connexion très forte avec l’enseignement de Dieu. Donc, qu’il y ait un dieu ou pas, ce la n’est pas important, l’objet est unique : amour et compassion.

On trouve cette diversité dans le bouddhisme lui-même. On trouve des écrits très différents sur la vacuité, et moi-même, parfois, je m’interroge, avec tout le respect que je lui dois, sur ce que le Bouddha a voulu dire …. J

Je me dis … est il confus ? Non, bien sure, cela n’a pas de sens …

Dans ce cas, souhaite-t-il engendrer la confusion ? Non ! cela n’a pas plus de sens ! …

Il souhaite offrir différents niveaux de compréhension en fonction de la personne à laquelle il s’adresse.

Par exemple, l’enseignement de la vacuité pourrait rapidement entrainer vers le nihilisme pour qui n’est pas en mesure de comprendre cette notion. C’est pour cela que je dis qu’il est toujours plus sûr de suivre sa propre tradition religieuse car elle est adaptée à la nature de notre esprit.

 

 

Dalaï lama – Nantes 2008

19 août 2008 – Enseignements de l’après midi

Retranscription de mon carnet de notes, merci de citer la source www.uranie.net

 

 

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