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sept 01
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Commentaire de l’esprit d’éveil – Nagarjuna
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La vérité relative émane du karma et des émotions négatives,
Et le karma émane de l’esprit.
Or l’esprit est accumulation de schémas habituels :
La félicité vient avec la fin des schémas habituels.
70.
La félicité de l’esprit est la paix elle-même
Et l’esprit en paix ne tombe pas dans l’ignorance.
L’absence d’ignorance est la réalisation du réel
Et la réalisation du réel apporte la libération.
71.
Il est expliqué que l’Ainsité,
La réalité ultime, le sans-caractéristiques,
La vérité absolue et le suprême
Esprit d’Éveil sont la vacuité.
72.
Ceux qui ne connaissent pas la vacuité
Ne peuvent pas atteindre la libération.
Ignorants, ils tournent en rond,
Prisonniers de l’existence, dans les six destinées.
La vacuité s’aborde par 2 voies :
- La compréhension
- La réalisation par la méditation
La pratique, en réalisant la vacuité va agir contre les klesas, mais sans la compréhension de la vacuité, il n’y a pas de moyen de se libérer des souffrances.
Le bouddhisme parle des 3 joyaux qui sont les 3 objets de refuge :
- Le dharma
- Le Bouddha
- La Sangha (Les compagnons de voyage)
Chaque tradition a ses propres objets de refuge et ici, l’aspect particulier est que nous revenons notre propre refuge car, au-delà de la foi il y a reconnaissance des (illisible) de ce refuge, ce qui permet d’aller au-delà de la souffrance. Pour atteindre ce refuge ultime, il faut mettre en œuvre la sagesse et la connaissance. Pour atteindre l’Eveil, il faut avoir une existence relativement heureuse, celle des royaumes supérieurs du samsara. La racine qui permet d’atteindre les destinées heureuses du samsara est la connaissance qui donne la sagesse.
En ce qui concerne la foi, la confiance que nous plaçons dans le guide, elle est commune à tous les véhicules. Dans le cas du refuge du bouddhisme, celui-ci exige que l’on pratique les 10 actes vertueux en évitant les comportements négatifs.
Deux attitudes permettent d’éviter de perpétuer ces actes négatifs.
Pour les Bodhisattvas il s’agit de s’abstenir en raison des conséquences néfastes pour les autres.
Pour les auditeurs et les bouddhas par eux même, ce sera par peur d’en souffrir soi même, ici ou plus tard.
Dans le second cas, d’où procèdent les actes négatifs ? Notre attachement à la permanence des choses et à soi même. Nous cherchons notre propre confort en nous disant que « c’est comme cela ». L’antidote consiste à ne pas prendre pour ce qui est ce qui n’est pas. Il s’agit des « vues fausses »
Prendre pour permanent ce qui est impermanent
Prendre pour félicité et bonheur ce qui est souffrance
Prendre pour moi ce qui est rien
…
Dans les 400 quatrains d’Aryadeva, on doit se débarrasser de toutes les vues conceptuelles. Abandonner les actes non vertueux. Abandonner la croyance au soi par la méditation. Finalement, il s’agit de réaliser la vacuité, réaliser l’ensemble du chemin du bouddhisme.
Ce qu’on appelle le nirvana est « au-delà de la souffrance »
La première étape de l’abandon des actes non vertueux est d’éviter de nuire aux autres, cela permet d’échapper aux royaumes inférieurs.
Ecarter les klesas permettra d’échapper au samsara
Réaliser la vacuité entrainera la diminution des tendances aux klesas
73.
Il ne fait aucun doute
Que le yogi qui aura médité
Ainsi sur la vacuité œuvrera
Passionnément au bien des autres.
Les étapes qui mènent à cette œuvre active pour le bien des autres sont :
- La conscience de la libération
Prise de conscience, la conviction, qu’il est possible de se libérer de la souffrance. Si on accepte sans réaliser par la compréhension, la motivation sera beaucoup plus faible.
- Se libérer
Cette prise de conscience va permettre de se libérer
- Libérer les autres
Moi, ok, mais les autres ? Ceux qui ne savent pas. Constater les souffrances et avoir la conviction qu’ils peuvent eux aussi se libérer engendre une profonde compassion.
Donc, le fondement d’une puissante compassion procède de la conviction qu’il est possible de se libérer. Sans cela on dira « quelle misère … », « que peut-on y faire …. »
C’est comme voir quelqu’un en train de se noyer et voir qu’il il a au loin une ile, une ile qu’il ne peut pas voir de là ou il est. On va souhaiter qu’il nage dans la bonne direction, on va se demander comment l’aider.
Si on ne voit pas l’ile, on aura de la pitié et de la résignation, mais on ne pourra vraiment rien faire pour aider l’autre.
Les étapes de l’Esprit d’Eveil, de la bodhicitta s’enclenchent donc ainsi :
Se libérer de la souffrance
Libérer les autres de la souffrance
Les protéger de la souffrance et de ses causes
Il s’agit ici de s’engager dans la protection des autres. Le but d’atteindre l’Eveil est s’quérir la sagesse, la connaissance nécessaire à la protection des autres.
La bodhicitta a donc 2 directions, les autres et la connaissance, la sagesse.
Ce sont les deux facettes de la compassion.
Se débarrasser de la souffrance de tous les êtres
Acquérir la connaissance des mécanismes des la souffrance
Le Bouddha a dit « les souffrances doivent être reconnues »
Quand c’est moi qui souffre, je n’ai pas besoin qu’on me l’explique ! Il fait ici référence à la souffrance qui ne se voit pas. La souffrance du changement, celui qui résulte de l’accumulation des conséquences karmiques, des klesas. C’est là qu’intervient l’importance de se défaire de l’attachement au soi.
Toutes les grandes traditions religieuses du monde montrent l’importance qu’il faut attacher à la compréhension de la tolérance, du pardon et de la compassion. Il y a des différences de méthodes et de raisonnements, mais elles ont toutes le même objet.
Les religions théistes étendent leur amour à tous les êtres animés, en tant que créations de dieu. Le fait de se voir soi même comme création de Dieu constitue un lien très fort avec les autres et dans cette vie même. Le non recours à la réincarnation constitue une connexion très forte avec l’enseignement de Dieu. Donc, qu’il y ait un dieu ou pas, ce la n’est pas important, l’objet est unique : amour et compassion.
On trouve cette diversité dans le bouddhisme lui-même. On trouve des écrits très différents sur la vacuité, et moi-même, parfois, je m’interroge, avec tout le respect que je lui dois, sur ce que le Bouddha a voulu dire …. J
Je me dis … est il confus ? Non, bien sure, cela n’a pas de sens …
Dans ce cas, souhaite-t-il engendrer la confusion ? Non ! cela n’a pas plus de sens ! …
Il souhaite offrir différents niveaux de compréhension en fonction de la personne à laquelle il s’adresse.
Par exemple, l’enseignement de la vacuité pourrait rapidement entrainer vers le nihilisme pour qui n’est pas en mesure de comprendre cette notion. C’est pour cela que je dis qu’il est toujours plus sûr de suivre sa propre tradition religieuse car elle est adaptée à la nature de notre esprit.
Dalaï lama – Nantes 2008
19 août 2008 – Enseignements de l’après midi
Retranscription de mon carnet de notes, merci de citer la source www.uranie.net
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